Société de l'Histoire de l'Art Français [Editor]
Bulletin de la Société de l'Histoire de l'Art Français — 1918-1919(1919)

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description donnée par l’inventaire, que confirme, en la
complétant, le procès-verbal rédigé en italien lors de son
entrée chez MazarinL

Un lict de velours rouge en broderie d’or et d’argent semé
de perles de plusieurs sortes appelé le lict des alliances, sça-
voir : le fonds, le dossier où est représenté au mitan Gode-
froy de Billon, six pantes, trois soubassements, enrichy de
toutes les armes de l’antiquité de la maison, avec franges et
crépines et trois rideaux de broquart à fond d’or, de quatre
lez chacun, avec un point passement et un molet d’or et
soye, et aux trois pantes du dedans y a point de perles, prisé
le tout ensemble.10,000 livres.

On aura remarqué que l’acte passé entre le duc et
Girardin nomme parmi les pièces du lit « un dais appelé
testante et virebo »; désignation bizarre, mais que l’in-
ventaire de Charles de Lorraine dressé en 1644 permet
d’expliquer. C’est une mauvaise transcription de « de tes-
tante verbo », devise de la maison de Guise : l’inventaire
mentionne en effet sous le n° i3 une tenture de tapisserie
à grotesques avec la devise « de testante verbo » et les
armes de la maison de Guise.

Le lit n’a pas dû entrer chez le roi. Je ne l’ai pas trouvé
dans l’inventaire du mobilier de la Couronne et, d’ail-
leurs, on ne voit pas bien de quel usage eût été ce meuble
aux armes de Guise. Sans doute a-t-il été envoyé, comme
le demandait la pièce n° 3 du dossier de Beauvais, « au
lieu qui a été dit1 2 » ; probablement l’aura-t-on restitué aux
héritiers du duc de Guise : on trouve, en effet, dans l’in-
ventaire après décès de Mlle de Guise, un lit de parade, en
velours brodé, qui, « du consentement des parties », n’est
ni décrit ni prisé et qui pourrait être le même3.

1. Voir p. 128. On aura constaté, dans ce procès-verbal, que
certains écus destinés à recevoir des armes étaient restés en
blanc, et aussi que beaucoup de perles manquaient. « La figure
d’un roi », en broderie, mentionnée dans le même document
(p. 129) comme décoration du « dossiè », est évidemment Gode-
froy de Bouillon.

2. Cette pièce mentionne en même temps « deux grands
tapis », dont on ne trouve aucune autre trace.

3. Cet inventaire a été publié par M. Jules Guiffrey à la
suite de celui de Charles de Lorraine, loc. cit.
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