Société de l'Histoire de l'Art Français [Editor]
Bulletin de la Société de l'Histoire de l'Art Français — 1918-1919(1919)

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LETTRES D’ARTISTES A THIERS

(1835-1840)

Tout en s’occupant de politique, Thiers s’intéres-
sait aux beaux-arts. Dans le Constitutionnel, il ren-
dait compte du Salon de 1822 et de celui de 1824. Ses
articles, réunis en volume, sont intéressants à par-
courir. Ce jeune homme, — il est né en 1797, — fait
preuve d’un goût mûr et indépendant. « Il est surpre-
nant de voir avec quelle sagacité il jugeait à la fois le
vieux David et le jeune Delacroix. » Il loue l’auteur
de la Mort de Socrate, et « aucun tableau, dit-il à
propos de Dante et Virgile, ne donne plus d’idée de
l’avenir d’un grand peintre ».

Un voyage qu’il fit en Italie fut pour lui un ravis-
sement : « Il y fut touché surtout par la Renaissance.
Rentré en France, il voulut chez lui un abrégé de
l’univers; il fit exécuter par Bellay des copies réduites
d’après les plus fameux morceaux de peinture qui
soient en Europe’. » Il voulut aussi donner à notre
pays des reproductions des œuvres les plus considé-
rables en peinture et en sculpture. Les lettres que
nous publions, et qui sont conservées dans ses papiers
légués à la Bibliothèque nationale par Mlle Dosne,
font connaître les travaux qu’il commanda; elles
montrent également quelle fut, à l’égard des artistes,
une bienveillance qui savait se traduire par un appui
solide et délicat.

Sigalon avait été choisi, sur la désignation d’Ingres,
pour exécuter la copie du Jugement dernier'1 2. Voici

1. Charles Blanc, Le cabinet de M. Thiers, 1871.

2. « Il ne voulut pas reproduire les tons enfumés de l’origi--
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