La chronique des arts et de la curiosité — 1922

Page: 124
DOI issue: DOI Page: Citation link: 
https://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/cac1922/0136
License: Free access  - all rights reserved Use / Order
0.5
1 cm
facsimile
124

CHRONIQUE DES ARTS

Académie des Beaux-Arts

Séance du 30 septembre

L’Académie, après jugement du concours d’archi-
tecture Chaudesaigues, Une fontaine dans un square, a
décerné le prix unique (deux bourses annuelles de

2.000 francs chacune, pour voyages en Italie) à
M. Georges Fauvelle, élève de M. Pontremoli.

Une mention a été accordée à M. Gay, élève de feu
Redon et de MM. Gromort et Expert.

L’Académie a voté une subvention de 2.000 francs
à MM. Jean Guiffrey et Pierre Marcel pour leur inven-
taire des dessins du Louvre et de Versailles.

Séance du 7 octobre

L’Académie a pris connaissance du testament de
M. Léon Bonnat. Elle reçoit 30.000 fr., à placer en
3 p. 100 ; les arrérages seront distribués chaque année
aux titulaires du premier et du deuxième second grand-
prix de peinture du concours de Rome. D’autre part

100.000 fr. seront employés à l’achat de rente 3 p. 100 :
les arrérages seront distribués chaque année à des
peintres français dans le besoin.

Société des Antiquaires de France

Scance du 13 septembre

M. Max Prinet étudie un coffre du Musée de
Cluny, du xive siècle, sur lequel est représenté l’épi-
sode légendaire du « Pas Saladin. »

Au Musée du Louvre

La conservation du département de peintures du
Louvre vient de réorganiser la salle Le Nain confor-
mément aux conclusions de l’étude si remarquée que
M. Paul Jamot a publiée dernièrement dans notre
Gazette : le Portrait de Henri de Montmorency est désor-
mais indiqué simplement comme œuvre de l’école
française de la première moitié du xvue siècle, et la
Procession dans une église comme une œuvre 'de l’école
flamande du même siècle (peut-être de François Pour-
bus). Le Reniement de saint Pierre porte maintenant le
nom de G. Du Mesnil de La Tour. Le petit Portrait d’un
jeune garçon, retiré de cette salle, sera placé dans un
des petits cabinets hollandais avec le cartel : « École
hollandaise, xvne siècle». En revanche, la Crèche, qui
était en magasin, est exposée de nouveau sous le nom
des Le Nain et l’ex- Chambre de rhétorique revient des
salles hollandaises sous le nom : Une réunion d’ama-
teurs, par Mathieu Le Nain.

On vient aussi d’installer dans la salle Denon, où
l’on expose les nouvelles acquisitions, le magnifique
Rembrandt, Portrait du frère de l’artiste légué par le
comte Potocki qui l’avait autrefois prêté au Louvre
ainsi qu’un Portrait de l’architecte Lacroix par le peintre
italien Lampi légué par le même amateur ; puis,
un charmant Saint Georges, œuvre du maître rhénan dit
« du Livre de raison » (vers 1480) offert par M. Klein-
berger et qui sera prochainement publié dans la Gazette ;

enfin des tableaux et dessins modernes, parmi lesquels
deux croquis de Prud’hon et de David pour des tableaux
du Louvre, donnés par le regretté Léon Bonnat ; une
esquisse de Girodet-Trioson représentant Les héros des
guerres de la République reçus par Ossian dans le paiadis
d’Odin, en vue d’un plafond, qui ne fut pas exécuté,
pour le château de Malmaison ; deux peintures et
deux dessins de Corot légués par Mme Georges Gautier
et représentant divers membres de la famille Desbro-
chers ; des Bohémiens sur une route, par Dehodencq,
don de M. Gabriel Séai 1 les ; deux portraits dessinés
par Léopold Massart ; un Portrait du colonel Leclerc,
peint par Henner à la Villa Médicis, don de Mme Tarbé
de Vaux-Clairs en souvenir de son premier mari le
colonel Leclerc ; une esquisse de Ricard pour le
Martyre de sainte Catherine de l’église Sainte-Catherine
de Lille ; enfin, donnée par M. Zoubaloff, l’esquisse
peinte du tableau d’Henri Régnault (aujourd’hui au
Musée de Boston) Automédon gardant les chevaux
d’Achille, envoi de Rome de l’artiste en 1868.

* *

Parmi les principales pièces dont s’est enrichi
récemment le département de la sculpture, nous avons
noté deux morceaux importants qui viennent d’être ins-
tallés dans la salle André Beauneveu : le premier est un
grand retable de bois peint et doré exécuté au début du
xvie siècle dans un atelier anversois, et provenant de
l’église de Coligny (Marne). Suivant la disposition
habituelle, on voit, en bas,T Adoration des Bergers et
\’Adoration des Mages et au-dessus les trois grandes
scènes typiques de ces nombreux retables anversois
conservés en Belgique, en France et en Allemagne : à
gauche le Portement de Croix ; au milieu, la Crucifixion
avec, au pied de la croix, VÉvanouissement de la Vierge ;
à droite la Descente de Croix. Les petites scènes
sculptées dans l’archivolte de l’arcade centrale repré-
sentent les sept sacrements.

En face a été placée la grande Sainte Madeleine, en
pierre, provenant de l’Est de la France, où elle fut
exécutée à la fin du xve siècle. EHle fut trouvée dans
le village d’Ancemont (Meuse), et doit provenir de
quelque église de cette région. La tète est légèrement
inclinée; la figure, encadrée de cheveux dorés, est
abritée par le voile qui retombe en longs plis sur les
épaules, la main gauche est posée sur la poitrine, la
main droite tient le vase de parfums. C’est un beau
morceau très typique de cet art un peu calmé de la fin
de l’époque gothique dans les provinces de l’Est de la
France. Acquis en 1906, il n’a pu être mis en
place que récemment, après de longs et difficiles
pourparlers.

Le jubilé de la «Société du Musée de l’Empereur
Frédéric » à Berlin

Au moment où notre Société des Amis du Louvre
célèbre le vingt cinquième anniversaire de sa fondation,
une commémoration analogue était organisée au Musée
de Berlin en l’honneur de la Société du Musée de
l’Empereur Frédéric. A vrai dire la Société berlinoise
est légèrement antérieure aux associations similaires
loading ...