Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 2.Pér. 3.1870

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L'ENSEIGNEMENT DES ARTS INDUSTRIELS

DANS L'ALLEMAGNE DU SUD1

IV

MUNICH

e ne sont ni les traditions ni la poursuite de l'art
national que nous trouvons à Munich. Dans cette
serre chaude, créée par le roi Louis, un roi qui
dans notre siècle prosaïque a renouvelé les mi-
racles de Léon X et de François Ier, les aspirations
artistes ont pu porter des fleurs brillantes, mais
non jeter des racines bien profondes; elles ne trou-
vaient d'aliment ni dans le peuple bavarois, qui ne les comprenait guère,
ni dans des antécédents qui n'existaient pas. L'éclectisme fut leur vrai
triomphe, et il leur donna, soit des modèles, soit des inspirations. Un des
premiers dans l'art de bâtir, Munich met à contribution toutes les époques
et tous les styles, et d'une ville fait un musée d'architecture, avec repro-
ductions grandeur de l'original; de 1815 à 1830 il élève ou commence
ces édifices qui forment autant d'antithèses : la Bibliothèque, la Ludwigs
Kirche, la vieille Pinacothèque, la Glyptothèque, la Résidence, le Théâtre
de la Cour, l'église de Tous les Saints, etc., etc. Dans la peinture, on n'est
pas précisément en droit de lui reprocher l'emploi de modèles classiques,
ni en général de modèles quelconques ; les tendances seules furent cos-
mopolites. De la juxtaposition de tant d'éléments divers, son école

1. Voir même tome, pages 4 22, 269 et 374.
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