Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 2.Pér. 3.1870

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BERNARDINO LUINI 1

es peintures à fresque portent, mieux
que ses tableaux, l'empreinte de son
génie facile, harmonieux, sympathique.
Bien que ses ouvrages de chevalet jouis-
sent à bon droit d'une haute réputation
et tiennent une place excellente clans les
meilleures collections de l'Europe, ce
n'est point là néanmoins qu'il atteint son
excellence ni qu'il manifeste à l'aise sa
discrète et pénétrante originalité. La plu-
part de ses tableaux ont été longtemps

attribués à Léonard, avec autant de vraisemblance que les travaux de
ses élèves directs, de Salai ou d'Oggione, de Melzi ou de Solaiï. Non-
seulement Bernardino s'était approprié, à force d'admiration, la manière
du maître, au point de tromper l'œil le plus exercé, clans ses copies;
mais, on le sait encore, il recueillait pieusement tous les dessins et cro-
quis laissés par Léonard, et les prenait pour thème ordinaire de ses
petites compositions. Dans l'art monumental, au contraire, il se trou-
vait plus abandonné à lui-même, et obligé, par la nature de la besogne,
à des rapidités d'exécution qui s'accommodaient mieux de ses caprices
et laissaient le champ libre à ses expansions. Qui veut le connaître et qui
veut l'aimer comme il mérite doit faire le pèlerinage de la haute Italie
et s'arrêter quelques jours à Milan, à Saronno, à Lugano.

A Milan, dans l'église délia Passione, dans les galeries du palais
Brera, où furent transportées les fresques d'une chapelle maintenant
détruite (la chiesa délia Pace), on reconnaîtra ses œuvres les plus an-
ciennes, souvent les plus charmantes, aux incertitudes continues du

1. Voir la Gazelle des Beaux-Arts du 1er novembre 1869.
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