Sadurska, Anna; Michałowski, Kazimierz
Palmyre: fouilles polonaises (Band 7): Le tombeau de famille de Alainê — Varsovie, 1977

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ÉTUDE GÉNÉRALE

Cette action a eu lieu sans doute au temps de la guerre d’Aurélien contre Zénobie, ou peu
après. Il est impossible de juger qui en fut l’auteur : les habitants de la ville en temps de guerre
ou les soldats quand ils sont entrés dans la nécropole 1. Il est possible même que cette première
phase de destruction eut lieu immédiatement avant les travaux systématiques de déplacement.
La question n’est pas soluble, mais elle n’a pas grande importance pour nous. Nous voudrions
seulement prouver que le démontage méthodique fut précédé par une destruction rapide et que
ses conséquences ont contraint les ouvriers à certaines actions supplémentaires. Ces travaux
consistèrent en le remplissage des travées dans le podium pour obtenir au-dessus des sépultures
une nivellation. Une telle couche nivellée était nécessaire pour glisser les sarcophages. A Palmyre,
et notamment au Camp de Dioclétien, on trouve plusieurs têtes sculptées qui servaient à ce but.
Dans le tombeau de 'Alainê rien n’était plus facile et on a privé les banquets de têtes pour les
jeter dans les travées. Ajoutons qu’un banquet destiné au remploi était plus adaptable à ce but
sans têtes.
Les éléments des tombes supérieures démolies, les débris des éléments d’architecture (entre
autres la porte brisée, cf.el.déc. 2), le sable enfin apporté sans doute du désert (cf.p. 66), ont
servi à remplir les tombes creusées dans le sol et à former au-dessus d’elles une couche de 0,30-
0,50 m, relativement plate.
Après ces travaux les banquets ont été enlevés des sarcophages et déposés à leurs pieds,
face sculptée en bas, puisque ce déplacement était le plus facile à exécuter. Dans la phase suivante
ces grandes dalles ont été poussées légèrement vers le centre, pour rendre la route libre aux
sarcophages poussés l’un après l’autre vers la galerie. Une position différente (cf.pl. X) du banquet
cat. 3 s’explique par le fait qu’une fois les sarcophages placés auprès des parois, les ouvriers
ont commencé à emporter les banquets au dehors. Dans ce travail ils se servaient d’un moyen
simple utilisé encore aujourd’hui par les ouvriers dans la fouille : déplacer une grosse dalle en la
faisant culbuter. Au moment quand ledit banquet se trouvait face sculptée vers le bas, ce
travail a été brusquement interrompu.
Le déplacement des quatre sarcophages était précédé par le pillage du cinquième, perdu,
mais certifié par certains fragments (cf.p. 39). Il a été sans doute brisé en morceaux, car il était
trop large pour être sorti par la porte. Le but de cette action ne s’explique que par le désir de
gagner de la place pour les quatre sarcophages en question.
L’action suivante du démontage avait pour but de remplir dans la galerie l’espace entre les
sarcophages de terre et de débris. Le niveau obtenu s’élevait à la hauteur de 0,60 m (cf.pl. XVIII,
niveaux 2-3). Pour obtenir ce niveau on a enlevé du podium la statue de femme (cat. 5) et on l’a
posé avec les autres débris auprès du sarcophage cat. 8 (pl. II). Au cours de ces travaux, après
avoir obtenu le niveau 2, mais avant l’arrêt des travaux, une personne fut enterrée près du sarco-
phage cat. 8 (cf.pl. XVIII, couche 20).

1 Pour répondre à cette question avec certitude, il faut bien connaître la date et l’emplacement du rempart
palmyrénien au IIIe siècle du côté ouest. On sait combien ce problème est compliqué. Rappelions que le rempart
actuel, à l’Ouest du tombeau, était considéré par A. von Gerkan comme zénobien. D. van Berchem a eu le mérite
de l’attribuer à Dioclétien, mais en même temps il a avancé l’hypothèse que tout le quartier ouest, avec la
Colonnade Transversale, était au IIe siècle extra muros —- cf. Le premier rempart de Palmyre, CRAI 1970, pp. 231
et 236. Gawlikowski, Temple, p. 15, se prononce contre cette hypothèse. Selon cet auteur, p. 20, les défenses de
Palmyre aux ler-IIIe siècles étaient beaucoup plus loin à l’Ouest que le rempart du temps de Dioclétien, et notam-
ment à l’entrée de la nécropole. Avant que la fouille ne tranche la question, elle reste à mon avis ouverte et par
conséquent nous ne savons pas qui a pu violer et piller les tombeaux à la lisière de la ville et de la nécropole :
les habitants de la ville, en temps de guerre à l’intérieur du rempart, ou bien les soldats romains au temps du siège
extra muros, ou enfin les mêmes une fois entrés dans la ville. Ces divergences expliquent pourquoi dans mon
premier compte-rendu, Études et Travaux VII, 1973, p. 280 — avant la parution du livre de M. Gawlikowski —
j’ai suivi l’opinion de D. van Berchem.
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