Revue égyptologique — 7.1896

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Textes égyptiens et chaldéens, etc.

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empire, soit d'une époque postérieure, se rattachent à cette croyance, aussi bien que le livre
des morts en son entier et les cérémonies si compliquées, si nombreuses, de l'embaumement
et des funérailles, qui nous sont connues par plusieurs rituels.

Les funérailles une fois terminées, il y avait encore d'autres cérémonies qui se renou-
velaient aux anniversaires, etc., et l'un de nous a déjà montré, dans ses études sur un règle-
ment des choachytes daté de l'époque ptolémaïque, qu'elles étaient alors considérées comme
de véritables offices religieux. Il a également fait voir que, dans ce même pays d'Égypte,
dès les origines du christianisme, on avait prié pour les morts.1

Eh bien! voilà que les stèles démotiques du Sérapéum, qui, par cela même qu'elles
sont écrites en langue vulgaire, reflètent plus fidèlement les idées dominantes à l'époque de
leur rédaction, nous apprennent que ces prières pour les morts, ces bénédictions adressées
au mort avec l'espoir qu'elles pourraient lui être efficaces, cette idée d'intercession, s'étaient
déjà, comme sous les Chrétiens, dégagées de toute idée d'offrande de bœufs, d'oies, de vic-
tuailles quelconques et même de libations sacrées faites solennellement par des choachytes.
Ces stèles ont foncièrement la formule suivante, que je transcris d'après le n° 110 du Séra-
péum démotique, n° 3709 de Mariette.

Incipit.

«Oh! Ptah, fils2 du mur blanc (sa nefi),z seigneur de la région Anchta (de Memphis),
Sokar Osiris, dieu grand, seigneur du Sta (tombeau), Apis Osiris /entament, seigneur d'éter-

1 Voir mon travail intitulé : «Taricheutes et Choachytes» (extrait de la Zeitschrift de Lepsids); et
dans ma Bévue égyptologique (t. I, p. 139 et suiv.; t. II, p. 15 et siliv.; t. IV, p. 1 et suiv., etc.), mes articles
sur «Les affres de la mort», «Les prières pour les morts dans l'épigraphie égyptienne», etc. (E. E.)

2 Ear és)) = ( ^>-<g>- «qui fait» ou «qu'a fait»; -cs=~ s'emploie très souvent pour la génération

féminine. Le texte peut signifier que Ptah est le créateur de Memphis, ou bien qu'il est comme le germe
de Memphis.

3 jfcwy_U est Ie doublon de jfcwy^= ou qu'on trouve dans la même formule en

d'autres stèles, toujours à propos de Ptah. Le signe « murailles, enceintes » se lisait en effet [^p ^ : :
sau, mot qu'on rencontre dans Pianchi, dans les textes d'Edfou et de Dendera, etc. (Conf. Be., Dict., 1161.)

Cela nous montre que le mur blanc QJ- = y devait se lire non aneb ut, comme le croyait

Brugsch, mais saut. Dans la langue vulgaire jvmy_y et jbwy=±= lui semblent les correspondants

réguliers de 0 ]■ ce qui est plus que douteux. En outre Brugsch (Dict. géogr., pp. 57, 127, 725) n'avait

signalé que la seconde de ces formes, et il croyait que ^jS)))^=3=*£> était une transcription de «

titre de Ptah», absolument comme il a fait, dans le même ouvrage, tant d'autres confusions analogues.
Nous savons maintenant avec certitude : 1° que -â> ou >6i> doit être séparé du mot suivant; 2° que -H-

ou —«— représente l'élément : : = sau (mur). Quant â nefi, il paraît difficile d'y voir un synonyme vulgaire

de <|> ut «blanc». Ajoutons, ce qu'ignorait Brugsch, qu'on trouve la transcription hiéroglyphique de sa nefi

jEJi<-=^-J, comme la transcription démotique de VL^-
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