Revue égyptologique — 8.1898

Page: 93
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La morale égyptienne.

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d'édifier par leur piété de commande leurs contemporains, en réservant pour la tombe les
secrets de leur athéisme.

Mais n'y a-t-il pas des hypocrites dans toutes les civilisations?

— Il faut finir, messieurs. Et cependant, que n'aurais-je pas encore à vous dire!

C'est à peine si nous avons effleuré le sujet que nous nous proposions de traiter —
tant il nous reste de documents à voir!

Parmi ces documents se trouvent particulièrement de très nombreux livres de morale,
écrits dans la vieille langue ou dans la langue vulgaire, et que nous n'avons pas même
abordés.

Mais ceci sera, si vous voulez bien le permettre, l'affaire d'un autre jour, d'une autre
leçon, peut-être trop longue pour être prononcée, qu'il faudra compléter par la publication
de quelque supplément énorme que nous nous proposons de rédiger.

Le peu que j'ai mis sous vos yeux suffit pour vous montrer qu'il y a beaucoup à
faire. Et c'est précisément la conclusion à laquelle je voulais vous amener.

Au point de vue de la morale on n'enseigne rien qui n'eût été dit, j'ajouterai même
pratiqué, consciencieusement pratiqué, dans l'ancienne Egypte.

LE MOYEN AGE DE L'EGYPTE PHAKAONIQTJE

DANS L'ART ET DANS LES MŒURS.

par

Eugène Revillout.

Messieurs,

Nous avons fait, il y a 18 mois, une grosse perte à l'Ecole du Louvre. Un des nos
collaborateurs, qui n'était cependant pas de la première heure, mais qui n'en était pas moins
l'un des professeurs les plus distingués de notre amphithéâtre, a précédé ses doyens dans
la tombe, première victime offerte par la mort à cette fatalité qui nous attend tous.

C'était un naïf et un convaincu — tout autant qu'un travailleur acharné et je n'ai
pas à prononcer son éloge — qui a, du reste, été tracé de main de maître par son succes-
seur M. Michel à son discours d'ouverture de l'année dernière. Si j'évoque donc ici le sou-
venir d'un vieil ami, ce n'est pas seulement parce que souvent les morts m'attirent plus que
les vivants, c'est surtout parce que j'en ai besoin pour ma thèse actuelle.

Codrajod était un partisan déclaré du moyen âge. J'ai été pendant de bien longues
années, avec Héron de Villefosse, son camarade le plus intime, et je l'ai toujours admiré.
Un jour — il y a bien longtemps déjà — j'entrais dans son cabinet, quand, apercevant sur
sa cheminée un superbe marbre de Canova qu'il venait d'y faire transporter, je ne pus
m'empêcher de m'extasier sur la délicatesse, le modelé et la grâce de la jolie personne qui
y était représentée dans un léger appareil.

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