Revue égyptologique — 8.1898

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L'interrogatoire des témoins et la question des accusés, etc.

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» valant à celui de scribe percepteur des denrées) du domaine (soyet) du Pharaon. Il dit ce
»qu'a fait celui-ci dans le domaine (soyet) du Pharaon en éloignant au dehors le gardien (?).
» Il viola cette demeure, ainsi que les céréales (y contenues). Il viola ce dépôt qui était dans
»leur demeure (des céréales). — Mais il y avait un gardien qui connaissait (sunnu) la chose
»et l'agent (en question) ne lui permit pas cela. Il alla. Il fit rapport (sma) au t'a Ta qui
» était réuni avec le Pharaon. Le t'a T'a se présentait pour parler (au roi) quand on lui dit :
»,Pahau est (là) un gardien ne lui a pas permis de prendre l'or de sa Et le t'a Ta

» dit rapport (sma) de l'affaire devant le Pharaon (à savoir) :,On a volé un sanctuaire/ (Et
»il fut ordonné) à savoir : ,On fera faire à l'intendant son rapport au t'a T'a/ Et voilà que
» l'intendant dit : 'Ah, je n'ai pas vu cela.' On remit le mesureur au t'a T'a, ainsi que . . . .»

Les derniers mots très effacés et cursifs sont absolument indéchiffrables — je l'ai déjà dit
— et les précédents ne valent guère mieux. Aussi suis-je obligé de faire toutes mes réserves
sur cette partie, d'ailleurs si intéressante, qui contient la déposition du prêtre sur des évé-
nements notablement antérieurs et contemporains d'un t'a nommé T'a.

On le voit, le pot aux roses était déjà vieux quand on le découvrit complètement.

— Nos lecteurs remarqueront l'emploi du mot «rapport» (sma) pour les dépositions faites
par des fonctionnaires en liberté qui ne sont nullement accusés. Les expressions sont fort
différentes quand il s'agit des aveux faits par des accusés prisonniers (annu) qu'on soumet
à la question judiciaire (smetre).

L'INTERROGATOIRE DES TÉMOINS

ET LA QUESTION DES ACCUSÉS DANS LES PROCÈS CRIMINELS ÉGYPTIENS.

par

Eugène Revillout.

Depuis les beaux travaux de Goodwin, Chabas, etc. tout le monde sait que les accusés
des procès criminels étaient soumis à cette question dans les tourments dont nous avons
donné quelques exemples inédits dans un des articles précédents. C'est là ce que, dans les
papyrus contemporains, on appelait smetre,1 mot qui s'appliquait du reste aux examens judi-
ciaires portant sur les choses aussi bien que sur les personnes.

1 Un de nos papyrus (daté de l'an 18 de Ramsès IX) a pour titre général Paametre na at'ainu «Inter-
rogatoire par la question des voleurs ». Immédiatement après vient la question du premier accusé. Ce titre
est du reste complètement à comparer avec un autre titre déjà reproduit par nous. «l'an 1er de Ramsès X
le 5 mésoré. En ce jour firent le smetre des grands criminels qui pénétrèrent dans les grandes demeures
en laissant leurs traces dans le x^DC* te's et te's j"ges- * Chacun des interrogatoires séparés de ce
papyrus commence par les mots : «smetre d'un tel». En dehors de ces procès verbaux de smetre, il y avait
d'autres documents rédigés avec soin par les scribes et qui en résumaient les données. Un de ces docu-
ments, daté de l'an 14 de Ramsès IX et actuellement détruit, portait aussitôt après le protocole officiel
détaillé un titre spécial déjà cité par Eisenlohb et dont voici ma traduction: «Copie (ou extrait) des dires
des voleurs qui ont été trouvés volant dans la place de bonne demeure, voleurs dont le t'a Xaerauas, le
premier prophète d'Amonrasonter Amenhotep — dans le temple de vérité qui est dans la ville — firent le
smetre. Ceci a été donné par écrit pour les poursuites d'Amon dans la main de l'épistate (ha) — de l'oc-
cident de la ville — pauraa, du scribe de la nécropole Unnofre, du chef ouvrier User^opeâ, du scribe Ka,

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