Texier, Charles
Description de l'Asie Mineure: faite par ordre du gouvernement français en 1833 - 1837 ; beaux-arts, monuments historiques, plans et topographie des cités antiques (Band 1) — Paris, 1839

Page: 77
DOI Page: Citation link: 
https://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/texier1839bd1/0104
License: Public Domain Mark Use / Order
0.5
1 cm
facsimile
PHRYGIE.

Il résulte de l'examen des auteurs qui ont traité de la géographie et de l'histoire
ancienne de F Asie Mineure, que le peuple phrygien fut un des premiers de ceux qui
vinrent des contrées environnantes former des établissements fixes dans la presqu'île;
mais, en examinant sa constitution géologique et géographique, on voit qu'à une époque
relativement récente, à une époque assez rapprochée des temps historiques, les phé-
nomènes volcaniques et le travail des atlerrissements rendaient cette contrée presque
inhabitable. Pendant la longue période des siècles suivants, les villes de l'Asie Mi-
neure furent exposées aux ravages des tremblements de terre, et l'on vit les habitants
lutter de patience et de courage contre une nature rebelle qui leur offrait, en échange
de dangers constants, un sol admirable de fécondité, et un terrain vierge qui payait avec
usure les travaux de ses premiers colons. Mais on ne doit pas s'étonner, malgré son voisi-
nage de l'Orient, malgré sa proximité du grand foyer de population qui s'est épanché
sur les contrées occidentales, de voir l'Asie Mineure déserte, ou seulement parcourue
par quelques peuplades errantes, pendant que la Thrace et les rives septentrionales du
Pont-Euxin avaient déjà une surabondance de population à verser sur d'autres pays.
C'est donc longtemps après que les Thraces eurent formé un Etat constitué, que les
Brygès, sous la conduite d'un chef du nom de Midas, qui demeurait près du mont
Bermius, en Macédoine, vinrent s'établir dans les provinces centrales de la presqu'île (l).
La plupart des historiens sont d'accord pour regarder les Phrygiens comme étant d'ori-
gine européenne; ils ne diffèrent d'opinion que sur l'époque où eut lieu cette grande
migration, qui s'effectua, pour ainsi dire, en sens contraire des mouvements des peuples
primitifs qui étaient venus d'Orient en Occident. Hérodote est le seul qui laisserait
concevoir quelques doutes sur l'origine européenne des Phrygiens; car dans le recense-
ment qu'il fait de l'armée de Xerxès, il dit que ces peuples et les Arméniens étaient
armés de la même manière, ces derniers étant les colons des premiers(2).Le même histo-
rien avait dit autre part que les Phrygiens étaient originaires de la Macédoine,où ils ha-
bitaient sous le nom de Brygès,et c'est en passant en Asie qu'ils prirent le nom de Phrygès.

(,) Hérodote VIII, ï38; Cf. Athénée, XII, et Xan- (2) Hérodote, VII, 73.

thus , fragm. v. éd. Mùller.

20
loading ...