Texier, Charles
Description de l'Asie Mineure: faite par ordre du gouvernement français en 1833 - 1837 ; beaux-arts, monuments historiques, plans et topographie des cités antiques (Band 1) — Paris, 1839

Page: 95
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En citant Aizani parmi les principales places de la Phrygie Épictète, Strabon (1) ne donne
aucun détail sur la position et sur l'histoire de cette cité, et les itinéraires anciens en indi-
quaient à peine la situation. Cependant, la ville des Aizaniens est comprise dans les évêchés
dé la Phrygie Pacatienne au cinquième concile de Gonstantinople. Mais, jusqu'à ces dernières
années, elle fut complètement oubliée par les historiens, les géographes et les antiquaires;
ou la rangeait parmi ces stations de peu d'importance qui avaient complètement disparu
de la surface du sol. Les voyageurs modernes qui avaient traversé la Phrygie n'avaient
recueilli aucun renseignement sur cette ville, dont les ruines auraient une célébrité égale
à celle des plus beaux monuments antiques, si elles étaient dans un pays plus accessible
et plus souvent visité.

Ce fut en i8l*5 qu'un voyageur anglais, lord Saint-\saph, se rendant de Kutayah à
Smyrne, traversa ces ruines et porta en Europe la première nouvelle de leur existence.
Presque dans le même temps, le comte de Laborde, voyageant dans l'Asie Mineure, visita
les monuments d'Aizani. On doit aussi au major Keppel quelques détails sur ces ruines.
Il restait à relever le plan géométrique de cette ville et à mesurer les nombreux monu-
ments qu'elle renferme.

Hérodien, cité par Etienne de Byzance (2), affirme qu'Aizani fut fondée par Aizen, fils
de Tantale, et appelé ÂÇavoî, et par quelques autres ÀÇavfov. Le même géographe rap-
porte une histoire puérile recueillie par Hermogène, que nous citerons, moins pour la
donner comme une tradition tant soit peu probable, que pour rassembler ici le petit
nombre de documents que nous ont laissés les auteurs anciens. « Les habitants d'Aza-
nion, dit Hermogène (3), ayant vu leurs prairies inondées et frappées de stérilité, et sout-
irant delà disette, s'assemblèrent pour sacrifier aux dieux, qui restèrent sourds à leurs
prières. Euphorbe, de son coté, sacrifia aux génies un renard (Ouanos) et un hérisson
(Exis), et il les apaisa si bien, que la terre recommença à produire des grains et des
fruits en abondance. Les habitants, en reconnaissance de ce fait, choisirent Euphorbe
pour leur prêtre et pour leur chef, et ce fut à cette occasion que la ville prit le nom

'' IVil>. XIII p. itO. (3) Apud Stepbanum Byzant. Voce ÀÇ«ve>{.

ii} Voce ÀfcvoC.
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