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L' art: revue hebdomadaire illustrée — 15.1889 (Teil 1)

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https://doi.org/10.11588/diglit.25867#0317

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286

L’ART.

Le long du quai, les multiples produits de l’Agriculture sont installés dans d’élégantes
constructions.

Le petit chemin de fer Decauville transporte quotidiennement quarante mille personnes de
l’Esplanade au Champ de Mars ; le voyageur parcourt ainsi les sections de l’Alimentation et
toutes les classes comprenant les industries qui s’y rattachent.

Traversons le pont d’Iéna et terminons notre excursion par le Trocadéro, transformé depuis

quelques mois en un vaste parterre de roses et de tulipes.

Des mâts, au sommet desquels s’agitent des oriflammes, des vélums aux rayures éclatantes,

de coquettes constructions s’élevant au milieu des grands arbres, forment un cadre sans pareil à

la cascade qui descend du vieux Palais.

Gravissons la montée ; mais, avant de franchir la grille, jetons un dernier coup d’œil sur le
panorama qui se déroule sur l’autre rive de la Seine.

Regardons encore ces Palais aux élégantes coupoles de céramique, ces Pavillons polychromes
aux flèches dorées ; invraisemblable entassement de merveilles dont le souvenir ne s’effacera
jamais de la mémoire de ceux qui auront été assez heureux pour admirer cette inoubliable
Exposition.

Camille de Roddaz.

EXPOSITION UNIVERSELLE IDE 1889

M. GEORGES BERGER

Les grandes assises pacifiques du Champ de Mars
obtiennent le plus éclatant, le plus unanime succès ; aussi
devaient-elles inspirer, à certaines gens de première force
dans le rôle de mouches du coche, la trop ingénieuse idée
de tenter d’appliquer à leur profit
le Sic vos non vobis. On n’y a pas
manqué, mais on en a e'té pour les
frais de publicité d’un pauvre ballon
d’essai, immédiatement crevé par
la seule révolte de la conscience
publique. Elle a coupé court à
l’instant meme à cette campagne
d’une vanité insensée et n’a pas
permis qu’on accaparât, en l’hon-
neur et gloire de n’importe qui,
soit l’œuvre de M. Alphand, soit
l’œuvre de M. Georges Berger.

Personne ne songe moins que
moi à diminuer les mérites de
M. Alphand, mais il ne suffisait
pas d’édifier d’immenses construc-
tions 1 ; il fallait, ayant le conte-
nant, arriver à posséder le contenu.

C’est à cela que M. Berger s’est
admirablement dévoué, c’est à
obtenir triomphalement ce résultat
qu’il a merveilleusement réussi,
malgré les innombrables difficultés
de la tâche. Sauf pour les gens de
mauvaise foi,— et il n’en manque malheureusement nulle
part, — il est indiscutable que les obstacles à soulever

i. Il n’en résulte pas que j’entende louer l’architecture de
l’Exposition ; à l’exception du superbe Palais des Machines, créé
par M. Dutert, je sais trop combien un goût douteux triomphe sur
bien des points ; mais M. Alphand, si intelligent qu’il soit, n’avait

étaient innombrables; les dispositions faussement amicales
des gouvernements, qui avaient décidé de s’abstenir à l’en-
contre des vœux manifestes des gouvernés, éclataient aux
yeux des plus aveugles. Nul n’a été dupe des hypocrisies
officielles, mais l’esprit et la bonne
humeur ont eu en France le tact
de ne pas s’y arrêter et encore moins
de s’en indigner ; on a eu l’intelli-
gence d’agir comme si ces choses-
là n’existaient pas, et M. Berger a
poussé cette intelligence patriotique
plus loin que personne. Ce qu’il a
déployé d’infatigable activité, d’ini-
tiative constamment heureuse,
d’habileté de bon aloi, de cour-
toisie de tous les instants, de loyale
diplomatie dans ses pérégrinations
à travers l’Europe pour conquérir
des adhésions qui paraissaient dou-
teuses, pour transformer même
certaines hostilités en collaboration
utile, il faudrait de longues pages
pour le bien dire. Je n’ai que
quelques lignes à ma disposition,
mais je veux qu’elles expriment à
M. Georges Berger combien tous
les gens de cœur, toutes les âmes
élevées, lui sont profondément
reconnaissants d’avoir si large-
ment, si efficacement contribué à l’absolue réussite de
cette entreprise nationale, la meilleure et la seule digne
réponse de la France à ses calomniateurs.

Paul Leroi.

pas le pouvoir d’inventer des architectes d’un vrai talent ; ceux-ci
n’abondent guère nulle part en cette fin de siècle.

M. Georges Berger.

Directeur Général de l’Exploitation à l’Exposition Universelle
de 1889.
 
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