Société de l'Histoire de l'Art Français [Editor]
Bulletin de la Société de l'Histoire de l'Art Français — 1915-1917(1918)

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I 2 I

LES PENSIONNAIRES

DE

L’ACADÉMIE DE FRANCE A ROME

EN I792

Lorsqu’au mois de février 1791 Mesdames Victoire
et Sophie, tantes de Louis XVI, quittèrent Paris et la
France pour fixer leur résidence à Rome, elles emme-
nèrent avec elles les personnes attachées à leur mai-
son, entre autres leur premier médecin, Pierre-Marie
Malouet, docteur-régent de la Faculté de médecine,
où il professa même la physiologie et la pathologie
de 1759 à 1761, et nommé à la place de Bourdelin le
3i août 1773. Malouet, arrivé à Rome le 17 avril 1791,
y exerça sa profession au Corso, paroisse San Mar-
cello, tant auprès de Mesdames que des habitants de
la ville. Après la chute de la royauté, il prêta, le
3i août 1792, le serment d’être fidèle à la nation et
de maintenir de tout son pouvoir la liberté et l’éga-
lité ou de mourir à son poste. Dans une lettre du
12 décembre 1792 adressée à Lebrun, Hugon de Basse-
ville, qui devait être assassiné le 14 janvier suivant,
témoigna de son patriotisme et déclara que dix fois
il fut dénoncé à la Congrégation et sur le point d’être
incarcéré au château Saint-Ange. Après l’insurrection
de janvier 1793, Malouet dut quitter Rome et se réfu-
gia à Naples, où il fut mandé par Mackau, ministre
de France, à l’effet de soigner sa femme, relevant de
couches, qu’il ne voulait pas confier aux empiriques
napolitains. Par suite de son absence, Malouet, ins-
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