Société de l'Histoire de l'Art Français [Editor]
Bulletin de la Société de l'Histoire de l'Art Français — 1918-1919(1919)

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proposons de traiter ici : les autres intéressent l’art fla-
mand; ce dernier, au contraire, touche à l’histoire de l’art
français h

Les Chasses de Maximilien ont en effet joui en France,
au xvne siècle, d’une admiration unanime, en dépit du
goût classique qui régnait avec Le Brun; Félibien les a
louées presque sans réserves ; dès qu’elles eurent été
acquises par le roi, on les reproduisit aux Gobelins et
l’on continua de les copier jusque sous le règne de
Louis XV. Elles ont eu ainsi une influence indiscutable
sur la production de la manufacture royale. Peut-être
même leur doit-on l’idée d’une des tentures les plus heu-
reuses et les plus originales du xvme siècle, les Chasses
de Louis XV par Oudry.

Avant d’en arriver aux documents qui nous permettront
de reconstituer le détail assez compliqué des négociations
à la suite desquelles les Chasses de Maximilien sont entrées
au Garde-Meuble de la Couronne, il n’est cependant pas
inutile de rappeler en quelques mots ce que l’on sait de
leur histoire antérieure.

Au dire de Karel van Mander, les cartons seraient
l’œuvre de Bernard van Orley1 2. Félibien, dont les ren-
seignements paraissent venir d’une autre source, les attri-
bue également à van Orley3. Les tapisseries furent tissées
dans les ateliers de Bruxelles, — puisqu’elles en portent

1. Les autres questions soulevées par les Chasses de Maxi-
milien feront l’objet d’une étude qui paraîtra dans la Galette
des beaux-arts au début de 1920.

2. Livre des peintres (1604), trad. Hymans, t. I, p. 128. Van
Orley est né à Bruxelles vers 1490; il est mort dans la même
ville en 042. Il fut peintre de Marguerite d’Autriche et de
Marie de Hongrie, qui furent successivement régentes des
Pays-Bas. Sur sa vie et son oeuvre voir : les deux biographies
de Wauters, Bruxelles, 1881, et Paris, i8g3; Wurzbach, article
Orley, dans le Niederlàndisches Künstlerlexikon, igo3; Fried-
lânder, dans le Jahrbuch der k. Preussischen Kunstsammlun-
gen, années 1908 et 1909.

3. Entretiens sur les vies des plus illustres peintres, édit, de
i685, t. I, p. 552. Il indique que van Orley eut comme collabo-
rateur « un peintre nommé Tons, grand paysagiste ».
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