La chronique des arts et de la curiosité — 1917(1919)

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N° 2. - 1917.

BUREAUX : 106, BD SAINT-GERMAIN (6e)

Avril-Juin.

LA •

CHRONIQUE DES ARTS

ET DE LA CURIOSITÉ

SUPPLÉMENT A LA GAZETTE DES BEAUX-ARTS
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Le ÎSTuméro : O fr. 50

PROPOS DU JOUR

e ministre des Finances vient de
proposer d'établir, parmi les taxes
nouvelles, un droit d’entrée dans
les musées. C’est là un très ancien
projet dont la Chronique a parlé bien souvent
lors des discussions budgétaires et dont elle n’a
cessé de souhaiter la réalisation. La Ville de
Paris s’était décidée à instituer une taxe ; les
Musées nationaux, seuls, continuaient d’être
absolument gratuits. La mesure prise par le
gouvernement donne satisfaction à des vœux
dès longtemps formulés et trouvera une
opinion publique toute prête à l’approuver.

Il reste cependant, pour que la détermina-
tion du ministre soit tout, à fait heureuse,
plusieurs dispositions à préciser. Lorsque les
partisans du droit d’entrée dans les musées
réclamaient l’établissement cl’une taxe, ils
pensaient surtout, ils pensaient uniquement
à enrichir la caisse des musées et à donner à
nos grandes galeries nationales un supplé-
ment de ressources destinées à des acquisi-
tions. Le ministre des Finances aujourd'hui
songe non pas à la caisse des Musées, mais
au budget général. Des circonstances dont
tout le monde connaît et comprend la nature
rendent cette préoccupation légitime. Mais ne
serait-il pas juste et possible de faire pro-
fiter dès maintenant dans une certaine mesure
la caisse des Musées nationaux, qui jouit de la
personnalité civile, d’une partie des recettes ?
Que le budget ait besoin de bénéficier aujour-
d’hui de la plus grande part de ce que pro-
duira le droit d’entrée, il faut bien l’admet-
tre. Mais il est utile que le droit de la caisse
des Musées soit reconnu par la loi et donne,
si modeste soit-il, un résultat pratique qui
devra être plus considérable dans l’avenir.

Une autre modification au projet gouverne-
mental est désirable. Le droit est fixé à un
franc, sauf le dimanche, où l’entrée coûterait
cinquante centimes le matin et serait gratuite

l’après-midi. Cette demi-mesure pour le di-
manche est insuffisante. Il convient de laisser
durant la journée entière nos grands musées
largement ouverts au public, même si cette
concession doit être compensée par l’élévation
du droit un jour spécial de la semaine. A
notre époque si soucieuse de faciliter au
peuple les moyens d’instruction et d’éduca-
tion et de répandre la connaissance des belles
œuvres traditionnelles qui composent notre
culture, songeons à ceux qui travaillent et
qui ont un seul jour de repos et de loisir.
Dans le même ordre d’idées, ne pourrait-on
pas faciliter, même en semaine, l’accès du
musée aux jeunes gens et à leurs parents, en
délivrant à ceux qui en feraient la demande
des cartes de famille? Il est à souhaiter que
le Parlement décide ces modifications, qui ne
nuiront pas au budget, et qui achèveront de
rendre une mesure longtemps attendue très
utile à la fois à l’Etat, qui a besoin d’argent,
aux musées, qui doivent sans cesse s’orner
et s’accroître, et au public, pour qui les mu-
sées existent.

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NOUVELLES

*** Par arrêté en date du 17 mars 1917,
M. Appel, doyen de la Faculté des Sciences,
a été nommé membre du Conseil supérieur
de l’enseignement des Beaux-Arts, en rem-
placement de M. Darboux, décédé.

*** Par décret en date du 13 avril 1917,
rendu sur la proposition du ministre de
l’Instruction publique et des Beaux-Arts, M.
Lintilhac, sénateur, a été nommé membre du
Conseil des Musées nationaux, en remplace-
ment de M. Baudin.

*** Par décret du Président de la Républi-
que en date du 4 avril 1917, rendu sur le rap-
port du ministre de l’Instruction publique et
des Beaux-Arts, M. Mortet (Paul-Louis-
Charles), conservateur à la bibliothèque
Sainte-Geneviève, a été nommé administra-
teur de cet établissement, en remplacement
de M. Kohler, décédé.
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