La chronique des arts et de la curiosité — 1917(1919)

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1919.

BUREAUX: 106. BD SAINT-GERMAIN (6e)

Mars-Avril.

LA

CHRONIQUE DES ARTS

ET DE LA CURIOSITÉ

SUPPLÉMENT A LA GAZETTE DES BEAUX-ARTS
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3Le ITum.éro : 1 Franc

PROPOS DU JOUR

’rusquéme.nt, la question des fortifica-
tions vient de passer au premier plan
de l'actualité. Elle sommeilla des
années durant: puis, comme l'ina-
nité de cette muraille apparut définitivement
aux temps de la guerre et de la menace alle-
mande, comme le besoin se lit sentir de vastes
chantiers pour occuper les chômeurs, comme
le problème de l’habitation modeste devient de
solution fort ardue à Paris, sans parler d’autres
raisons, en quelques semaines l'Etat et la Ville
se mirent d’accord et la démolition fut enfin
décrétée.

Mais que fera-t-on de cette large zone de ter-
rains, de ce territoire nouveau peut-on dire?
Certes, il y a bien longtemps que des projets
ont été élaborés à ce sujet : lots d’habitations
à bon marché, espaces libres, terrains de jeu,
plantations, palais des Expositions, etc. Seule-
ment aucun plan positif, aucun tracé certain
n’êxiste, à notre connaissance du moins.
L’opération, énorme et grosse de conséquences
de toute nature, entrera dans la période d’exé-
cution dès ce mois de mai, et il ne semble pas
que la proportion des emplacements bâtis et
des espaces où aucune construction ne sera
admise soit absolument fixée. Du moins se
garde-t-on de rien montrer au public, par un
système trop fréquent chez nous où autorités et
bureaux décident et agissent sans nul souci du
sentiment général. Il faut donc surveiller de
près la marche des travaux, car l’aubaine sera
trop belle pour que spéculateurs et construc-
teurs se résignent à n’en pas avoir plus que leur
large part.

Sans doute, la question ne va point sans con-
sidérations financières fort sérieuses, et il ne
semble pas qu’on puisse, ainsi que cela a été
proposé récemment, réserver l’intégralité du
terrain acquis. Mais saura-t-on s’arrêter, ne pas
céder aux sollicitations des entrepreneurs et
bâtisseurs? Tant de circonstances récentes ont

mis la défiance en éveil qu’il faudrait être deux
fois certain des dispositions prises en faveur de
ces « espaces libres » que les autorités n’aper-
çoivent en général que sous l'aspect de squares
étriqués. L’histoire des terrains, du Temple,
celle de la Muette, celle de l’emplacement de
la Pitié, d’autres encore, sont bien faites pour
légitimer toutes les craintes.

Veillons', et, comme le demandait récemment
le Petit Messager des arts et des artistes, récla-
mons communication publique du plan adopté
afin « que toutes surprises nous soient évitées
dans la suite de l’opération ». Paris, dépouillé
d’une infinité de jardins et d’arbres par l’avidité
des spéculateurs, doit en retrouver à sa péri-
phérie plus et mieux que l’équivalent.

NOUVELLES

Par arrêté du ministre de l’instruction pu-
blique et des Beaux-Arts en date du °24 mars 1919,
est déclaré vacant l’emploi de conservateur du
département des antiquités grecques et romaines
du musée du Louvre.

Un mois de délai à compter du présent avis est
accordé aux candidats pour produire leurs titres.

Par décrets du Président de la République
en date du 1er mars 4919, rendus sur la propo-
sition du ministre de l Instruction publique et
des Beaux-Arts, sont nommés au grade de che-
valier de la Légion d’honneur :

M. Baguet (Eugène-Emile), secrétaire de la
Société Nationale des Beaux-Arts;

Mme la duchesse dTîzès, née de Rochechouart
de Mortemart (Marie-Adrienne-Anne-Victu-
rienne-Clémentine), statuaire, présidente de
l’Union des femmes peintres et sculpteurs.

**„ Lors de l’inauguration de la belle exposi-
tion, à la galerie Georges Petit, de l’œuvre du
regretté peintre Pierre Gourdault, le Président
de la République a épinglé la croix de chevalier
de la Légion d’honneur au bas du portrait de
l’artiste par lui-même.

A l’occasion de la réouverture des salles
de peinture du musée du Louvre, un généreux
amateur qui a déjà souvent enrichi notre musée
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