La chronique des arts et de la curiosité — 1917(1919)

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1919.

BUREAUX: 106. BD SAINT-GERMAIN (6*)

Octobre-Novembre.

LA

CHRONIQUE DES ARTS

ET DE LA CURIOSITÉ

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Le tN"i3.m.éro : 1 Franc

PROPOS DU JOUR

réforme excellente s'est accomplie
cet été, et c’est là, sans doute, une
VM des premières manifestations de
l’activité du nouveau diiecteur des
Beaux-Arts, M. Paul Léon. Par décret, les
professeurs de l’Ecole nationale des Beaux-Arts
ne seront plus nommés que pour cinq ans,
au lieu de l’être à vie. Appliquée également aux
professeurs du Conservatoire, la mesure doit
s’étendre aussi, dit-on, aux professeurs des
écoles des arts décoratifs, aux chefs des ateliers
des manufactures nationales, en somme à
tout le personnel de l’enseignement artistique.

On ne saurait trop applaudir à ces dispo-
sitions nouvelles, qui amèneront une rénova-
tion certaine dans l’esprit et dans les méthodes
de cet enseignement. Il résultait, en effet, de
la pérennité des chaires magistrales une certaine
tendance à la torpeur. Désormais, un recours
sera naturellement ouvert contre des profes-
seurs devenus inaptes, par maladie ou infir-
mités, ou encore par insuffisance ; car, il faut
bien s’en convaincre, le fait d’èlre titulaire
d'une chaire à l’Ecole des Beaux-Arts ne con-
fère pas un brevet de talent immuable; les
plus habiles, les plus illustres des maîtres peu-
vent décliner, au physique et au moral : il était
fâcheux, qu’on ne pût, sans une espèce de déni
de justice, se priver de leur concours.

Le service qui leur est rendu à eux, profes-
seurs, nous semble aussi de réelle importance.
La carrière ne pouvant plus apparaître comme
une retraite avant le temps, bien des artistes
qu’un découragement passager peut-être orien-
tait vers le professorat renonceront à celui ci :
surtout, le maître digne de ce nom subira une
excitation constante, non seulement à parfaire
ses leçons, mais encore à travailler lui-même
sans cesse, à rester un artiste agissant et nova-
teur, alors que souvent, une fois pourvu d’un
poste sédentaire, il perdait peu à peu l'initiative,
le goût du travail devant la nature, l’inspira-
tion féconde. Et il est évident que la mesure

écartera de l’enseignement les médiocres tentés
par le salaire assuré.

L’intérêt des études, qui doit être envisagé
exclusivement en pareille matière, a donc tout
à gagner à la réforme. On ne peut faire à
celle-ci qu’une critique : c’est qu’elle ait été
tardive.

NOUVELLES

En exécution du décret en date du 1er
septembre stipulant que les professeurs de
l’Ecole nationale supérieure des Beaux-Arts ne
seraient plus nommés désormais que pour
une durée de cinq ans, et par arrêtés du minis-
tre de l’Instruction publique et des Beaux Arts
en date du 18 septembre 1919, ont été nommés
à I Ecole nationale supérieure des Beaux-Arts :

Professeur du cours d'esthétique et d’histoire
de l’art : M. Ilourticq, en remplacement de
M. L. de Eourcaud, décédé ;

Professeur du cours d'histoire générale de
l'architecture : M. Jaussely, en remplacement
de M. Lucien Magne, décédé ;

Professeur du cours de sculpture pratique sur
pierre et sur marbre : M. Carii, en remplace-
ment de M. Peter, décédé ;

Professeur chef d’atelier de peinture : M. Er-
nest Laurent, en remplacement de M. Raphaël
Collin, décédé ;

Professeur chef d’atelier de sculpture: M. Jean
Boucher, en remplacement de M. Antonin Mer-
ci é, décédé;

Professeur chef d’atelier d’architecture :
M. Pontremoli, en remplacement de M. Louis
Bernier, décédé ;

Professeur chef d'atelier d’architecture :
M. Pierre André, en remplacement de M. Pau-
lin, décédé ;

Professeur chef d’atelier de peinture à la
fresque : M. Baudouin (création prévue par la
loi de finances de 1914).

Par arrêté du ministre de l’Instruction
publique et des Beaux-Arts en d#te du 10 no-
vembre 1919, M. Pierre André, professeur chef
d’atelier d’architecture à l’Ecole nationale su-
périeure des Beaux-Arts, a été désigné, pour
faire partie, à ce dernier titre, du Conseil su-
périeur de l’enseignement des Beaux Arts, en
remplacement de M. Bernier, décédé.
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