La chronique des arts et de la curiosité — 1917(1919)

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1918.

BUREAUX : 106, BD SAINT-GERMAIN (6e)

Juillet-Septembre.

LA

CHRONIQUE DES ARTS

ET DE LA CURIOSITÉ

SUPPLÉMENT A LA GAZETTE DES BEAUX-ARTS
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Le 3STuméro : O fi?. 75

PROPOS DU JOUR

[n a reparlé du transfert de l’École
nationale des Arts décoratifs.
Cela n’a pas été sans nous ap-
prendre quelque chose : les empla-
cements envisagés en dernier lieu — le ter-
rain de l’ancien Hôtel-Dieu, le séminaire do
Saint-Sulpice — n’ont pas retenu plus long-
temps l’attention des pouvoirs publics.

Il faut se féliciter de cette exclusive.
L’énorme bâtiment des Sulpiciens se prête-
rait mal à semblable adaptation. Du reste, les
Finances, dit-on, songent à occuper cet édi-
fice où l’on voit assez bien des bureaux in-
nombrables, mais ni une école d’art ni un
musée. On se réjouira de même de voir pro-
bablement sauvé l’espace libre qui, grâce à
la proximité du jardin entourant Saint-
.Julien-le-Pauvre, peut créer au cœur de Paris,
à l’ombre de Notre-Dame, de belles disposi-
tions de verdure et de perspective.

Mais pourquoi les raisons qui ont fait re-
noncer au séminaire ne se sont-elles pas pré-
sentées à propos du nouvel emplacement pré-
conisé? Il s’agit maintenant d’une portion de
l’enclos de l’Institution des sourds-muets,
rue Denfert-Rochereau, avec cette vue d’ave-
nir, plus ou moins rapprochée, d’utiliser la
maison tout entière lorsque les sourds-muets,
de plus en plus dirigés vers les occupations
champêtres, auront été envoyés à la campa-
gne. C’est encore ici l’idée d’arrangement, le
désir de faire quelque chose sans dépenser
d’argent ; conception qui serait louable en soi
s’il ne fallait pas envisager avant tout, cette
fois-ci, le rôle, le but de l’établissement qu’il
s’agit de loger après l’avoir maintenu si long-
temps en de sordides masures.

Il est nécessaire d’être fixé quant à la doc-
trine qui doit être la charte de l’Ecole. Etude
de la nature, et encore étude de la nature,
telle est cette doctrine. Corollaire : l’Ecole
disposera tout d’abord de très vastes jardins.
Il ne faut pas qu’elle soit « à proximité « de

jardins, il faut qu’elle soit dans le jardin ;
bien mieux, il faut que ce jardin soit l’Ecole
même. Foin des plâtres, des documents graphi-
ques, des plantes coupées, rebut des fleuristes
voisines, que l’on étudiait communément. La
nature seule sera l’inspiratrice et l’éduca-
trice. Ainsi nos jeunes décorateurs ne s'éloi-
gneront pas delà vie, dont notre art a besoin
qu’on lui insuffle les prodigieux effluves.
Que si ce desideratum d’un jardin immense
parait impossible à satisfaire à Paris, mieux
vaut ne rien faire du tout et, en tout cas,
n’aggraver point le mal par une adaptation
que l'on excuse en disant qu’elle coûte fort peu.

Mais l’emplacement rêvé existe : c’est le
Jardin des Plantes avec ses collections, qu’un
de nos plus éminents décorateurs a prôné il
y a longtemps. M. Laft’erre parait disposé à
fouiller les cartons de l’administration des
Beaux-Arts ; il serait étonnant qu’il n’y trou-
vât pas trace de ce vœu. Souhaitons qu’il le
prenne en considération et le réalise.

NOUVELLES

*** Par décret en date du 26 juillet 1918,
rendu sur la proposition du ministre de l’Ins-
truction publique et des Beaux-Arts, M. Jean
Guiffrey, conservateur adjoint du départe-
ment des peintures du Louvre, a été nommé
conservateur dudit département en remplace-
ment de M. Leprieur, décédé.

*** Par décret en date du 16 septembre 1918,
rendu sur le rapport du ministre de Tlns-
truction publique et des Beaux-Arts, M. Fou-
gères, directeur de l’école française d’Athènes,
a été nommé membre du Conseil des musées
nationaux, en remplacement deM. Guillemet,
décédé.

*** Le Conseil supérieur des musées a ra-
tifié dernièrement trois dons importants
faits au musée du Louvre par Mme Emile Zola,
M. Maurice Fenaille et notre excellent colla-
borateur, M. Camille Benoît, conservateur
honoraire du département des peintures, dons
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