La chronique des arts et de la curiosité — 1917(1919)

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1918.

BUREAUX : 106, BB SAINT-GERMAIN (6e)

Mai-Juin.

LA

CHRONIQUE DES ARTS

ET DE LA CURIOSITÉ

SUPPLÉMENT A LA GAZETTE DES BEAUX-ARTS
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Le Numéro

PROPOS DU JOUR

a « protection de nos richesses
d’art » est enfin envisagée, et peut-
être même va-t-on un peu loin d'ans
cette voie. En prévision d’éventua-
lités improbables, mais possibles, on songe-
rait à prêter le concours de l’Etat pour
l’évacuation des collections particulières de
la région menacée, ce qui est un peu exces-
sif quand on songe à tout ce qu’on a laissé
anéantir, en quatre ans de guerre, d’œuvres
appartenant à la nation et à tout ce qu’il y
aurait à mettre à l’abri. Une commission i
fonctionne, à l’administration des Beaux-
Arts, qui aura à envisager le problème sous
toutes ses faces.

Quoi qu’il en soit, l’annonce seule de ces
mesures protectrices a mis en éveil le monde
des collectionneurs, lesquels, comme l'on
sait, ne possèdent que d’authentiques chefs-
d’œuvre. Les demandes de transport ont

afilué, par milliers, à la rue de Valois. Si

vraiment l’Etat compte exercer ce ministère
de sauvetage, ou, plus exactement, de sauve-
garde, il est certain qu’il opérera un triage
dans ce flot montant d’objets. Mais nous
voudrions qu’il profitât de l’occasion pour éta-
blir l'inventaire de celte partie de notre pa-
trimoine artistique.

Est-il rien de plus raisonnable que de de
mander aux particuliers empressés à faire
mettre leurs trésors en lieu sûr de consentir
à leur « classement » ? Le service qui leur
serait rendu en ce moment, parfois peut-être
au détriment d’œuvres appartenant au pu-
blic, ne serait pas mince ; et, en outre, puis-
que l’on procédera à un examen contié à des
hommes qui passent pour compétents, un
brevet d’authenticité, de valeur artistique ou
historique, se trouvera décerné ipso facto.
Donnant, donnant: l’Etat examinera, trans-
portera, hospitalisera ce qui lui parait d’in-
térêt national ; le possesseur admettra le
classement avec toutes ses conséquences.

O fr. 75

L’une de ces dernières devrait être la re-
production photographique (ensemble et dé-
tails), la description méthodique, dans cer-
tains cas le moulage. Tout cela pour consti-
tuer des archives dont l’absence se fait cruel
lement sentir.

Par le moyen que nous préconisons, on
hâtera peut-être l’adoption de projets de loi
qui ont été déposés à la Chambre il y a long-
temps et qui avaient ému le commerce de la
curiosité. L’intérêt public bien entendu vou-
drait que ces lois fussent en vigueur depuis
plusieurs années. L’occasion n’est-elle pas
propice d’en mettre en pratique les disposi-
tions ?

NOUVELLES

*** L’Etat a acquis à la deuxième vente
Degas, pour le Musée du Louvre, au prix de
30Ü.000 francs — sur lesquels 50.Ü0U furent
généreusement offerts par le comte et la com-
tesse de Fels pour parfaire la somme dont
pouvaient disposer la Caisse des Musées na-
tionaux et la Direction des Beaux-Arts — le
beau Portrait de famille que la Gazelle re
produit hors texte dans sa livraison d’au-
jourd’hui, — puis, pour le Musée du Luxem-
bourg, au prix de 29.000 et de OO.üOO francs
les deux tableaux (également reproduits dans
la Gazette) S émir amis construisant une ville
et Les Malheurs de la Ville d'Orléans, et,
pour la somme de 65.000 francs, 78 admira-
bles dessins de l’artiste pour ces deux œu-
vres ; enfin, pour 18.000 francs, le Portrait
du graveur Marcellin üesboutin. Toutes ces
• œuvres sont exposées au Salon du Petit-
Palais.

*** Par arrêté du ministre de l’Instruction
publiquè et des Bsaux-Arts en date du 6 mai,
M. Paul Dukas, inspecteur de l’enseignement,
musical, est nommé membre du Conseil su-
périeur d’enseignement du Conservatoire
(section des études musicales), en remplace-
ment de M. Debussy, décédé.

*** Par décret en date du 2 mai, le secré-
taire perpétuel de l’Académie des Beaux-Arts
est autorisé, au nom de cette Compagnie, à
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