La chronique des arts et de la curiosité — 1917(1919)

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LA CHRONIQUE DES ARTS

riques de classer ni d'acquérir — d’un joli monu-
ment du xive siècle dit la Belle Croix, érigé sur
la colline de Montant, près de Villeneuve-lès-
Avignon, sous un péristyle voûté dont il sub-
sistait encore une arcade.

Le musée de Tours, installé dans l’ancien
palais archiépiscopal, a été cambriolé dans la
nuit du 1er au 2 septembre. Les malfaiteurs ont
dérobé plusieurs œuvres importantes, notam-
ment les Comédiens et bouffons arabes de Dela-
croix. acquis par l’Liât au Salon de 1848, et le
Coucher de la mariée, de Jacopo da Ponte, dit le
Bassan, qui provient du château de Chantelou.
Les salles du rez-de-chaussée, occupées par les
œuvres d’art, ont été pillées; des émaux limou-
sins, des pierreries, un bronze représentant un
chien, l’épée de Baraguay d'ili 11 iers, ont disparu.

M. Guynemer, père du regretté pilote, a
été nommé conservateur du Musée Vivenel, à
Compiègne.

La Société royale de numismatique de
Londres, dans sa séance solennelle du 19 juin
dernier, a décerné sa médaille d’honneur an-
nuelle à notre compatriote M. Adrien Blanchet,
membre de l'Institut, qui a rendu de si impor-
tants services'à l’histoire de la numismatique et
de l’archéologie de la Gaule, étroitement appa-
rentées à celles de la Grande-Bretagne.

A l’occasion du centième anniversaire de
la naissance de Gourbet, le Musée métropolitain
de New-York a organisé en avril et mai dernier
une intéressante exposition d’œuvres de notre
compatriote, qui comprenait, entres autres
peintures de premier ordre, le Violoncelliste du
Salon de 1848, la Femme à la vague, la Femme
au perroquet du Salon de 1866, des paysage^,
des marines, etc.

*** Un groupe de Danois amis des arts, pré-
sidé par le directeur du Musée royal des beaux-
arts de Gopenhague. M. Garl Madsen, désirant
exprimer sa sympathie à la Lrance, vient de
faire hommage au gouvernement français d’une
œuvre remarquable de l’école danoise de pein-
ture du siècle dernier : une Marine du peintre
Eckersberg (1783-1853), qui fut élève de David.
Ce tableau sera placé au musée du Louvre.

La Discussion du Budget des Beaux-Arts
pour 1919

La discussion du budget des Beaux-Arts de l’exer-
cice 1919, qui a eu lieu le 3 juillet à la Chambre des
députés, a donné lieu à diverses observations.
M. Bougère s’est plaint que l’administration des
Postes et Télégraphes utilise certains monuments
historiques comme supports de fils téléphoniques ou
télégraphiques; d’autre partil a réclamé, ainsi que
M. Sembat, un relèvement de la subvention de
50.000 francs accordée cette année aux concerts popu-
laires de Paris et des départements ; cette subvention
a été portée à54.000 francs. M. Jean Locquin a critiqu é
l’enseignement artistique des écoles nationales des
Beaux-Arts et des écoles départementales. M. Jean
Bon, qui s’est fait l’écho des mêmes plaintes, a cri-
tiqué également le récent décret qui vient de nom-

mer pour une période de cinq ans un nouveau direc-
teur des Musées nationaux, et le rapporteur général
du budget, M. Louis Marin, s’est associé énergique-
ment à cette protestation en souhaitant fa suppres-
sion de ce poste, inutile selon lui et suivant la com-
mission. Enfin, en ce qui touche les monuments
historiques, M. Mauger a demandé et a obtenu l’ins-
cription d’un million au budget en vue de permettre
à l’État de devenir unique propriétaire du palais de
Jacques Cœur à Bourges, dont le département du
Cher était propriétaire pour un qu,art, et M. Jean
Locquin aréclamé l’exécution dans le plus bref délai
des travaux de démolition, votés depuis tant d’an-
nées, de la digue du Mont Saint-Michel.

Au Sénat, où la discussion de ce budget a eu lieu
le 8 août, M. Jénouvrier et M. Maurice Faure, rap-
porteur, s’associant à ce dernier vœu, ont réclamé
énergiquement la fin du scandale qu’est le maintien
de la digue. Souhaitons qu’ils soient entendus.

Rapport sur les opérations
de la Réunion des Musées Nationaux en 1918

Le Journal Officiel du 18 juillet a publié le rapport
annuel de M. Léon Bonnat, président du Conseil des
Musées nationaux, sur les opérations de ces musées
pendant l’exercice 1918. Le budgetdes dépenses s’est
élevé à 1.518.610 fr. 30, sur lesquels il a été dépensé
en acquisitions une somme de 653.973 fr. 05, répartie
ainsi qu’il suit :

Département des antiquités égyptiennes

Un bronze représentant une divinité

panthée ithyphaliique.12.000

Un lot important d’objets égyptiens. . 20.000

Un bronze représentant la déesse Ses-

haït.‘. 750

Une statue en bois de la vi« dynastie.. 6.000

Département des antiquités orientales
et de la céramique antique

Une tablette lexicographique en carac-
tères cunéiformes. 700

Département des objets d’art du Moyen âge,
de la Renaissance et des temps modernes

Une coupe et un grand vase chinois vme

et xne siècles. 4.500

,Un bol en faïence du ixe siècle et un
plat en faïence arabe du xc. 5.200

Département des peintures et des dessins

Une étude au crayon par Ingres pour
la Muse du Portrait de Cherubini. . . . 2.000

Un album de dessins par David. . . 500

Acquisitions faites à la vente de la
collection Degas :

Delacroix : L’Appartement du comte

de Mornay, peinture. 22.000

Manet : Portrait de Mme Manet, pastel. . 62.000

Delacroix : Fleurs, aquarelle. 2.800

Delacroix: Musicien arabe, aquarelle.. 1.650

Delacroix : Côte d’Afrique, aquarelle. . 3.300

Delacroix: Elude de ciel, aquarelle. . 1.700

Ingres : dessin. 800

Millet : dessin. 520

Frais de vente. 6.160 05
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