Cahier, Charles; Martin, Arthur
Mélanges d'archéologie, d'histoire et de littérature (Band 1,1): Collection de mémoires sur l'orfévrerie ... : 1 — Paris, 1849

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MÉLANGES D'ARCHÉOLOGIE.

porter au Seigneur, puisqu'ils sont le lieu même de sa résidence et son règne, les construc-
tions méridionales destinées à l'évêque ou au chapitre (ou aux moines) étaient constamment
reliées à l'église, comme pour confondre les deux constructions en une seule maison de Dieu.
Il s'agit si bien du clergé dans les grandes pages tracées au sud que très rarement y voit-on
figurer la Mère de Dieu comme sujet principal véritablement ancien. On s'y proposait de rap-
peler le ministère et la science ecclésiastiques avant tout, si je ne me trompe. Car lorsque de
graves docteurs parlent des trois principales portes du Temple comme figurant la foi, l'espé-
rance et la charité ', ces paroles ne peuvent être admises que comme une formule réduite du
langage que nous leur avons entendu tenir ailleurs à plusieurs reprises. Or c'est aux ecclésias-
tiques surtout qu'ils appliquent les détails donnés par le prophète sur la porte du midi L
La très sainte Vierge ne semble donc prendre place convenablement qu'au portail du nord,
pour inviter le pécheur au retour; ou à l'un des portails secondaires d'occident avec le prin-
cipal patron du lieu, comme étant après Dieu l'objet le plus élevé que la foi présente à nos
hommages. Que si, dans certaines églises qui lui étaient consacrées, on a cru pouvoir la placer
au portail principal (durant les siècles qui peuvent servir de modèle), elle n'y a jamais été
représentée que subordonnée à son fils, c'est à dire couronnée par lui ou lui servant de trône
en le portant soit sur ses genoux, soit entre ses bras.
Mais le but de ces considérations n'est pas d'outrepasser certaines lignes générales qui do-
minent en quelque sorte toutes les autres. Arrêtons-nous à ces premiers aperçus jusqu'à ce que
le temps ait préparé non seulement les monumentalistes, mais le public lui-même à descendre
sans crainte comme sans témérité dans des explications plus minutieuses et plus étranges.
VL
iXDICATiONS POUR DES ÉTUDES ULTÉRIEURES.
Ceux qui, impatients d'arriver jusqu'aux moindres traits de ces grands tableaux pour rendre
raison de tout par une théorie parfaitement adéquate, voudront pousser cette étude près de
ses dernières limites, devront accepter des conditions sans lesquelles un travail opiniâtre

* Grcgor. M., in E^ecA. (xi., A3), iibr. 11, homil. x, 7 (t. v,.
117). K Meminit caritas vestra quod superiori iocutione, per
portam Orientis iidem ; per Aquiionis, spem ; per Aùstri autem,
caritatcm diximus désignai!. H
Id., Ù! E2i?c/i. (xL, 2A-26),iibr. n, bondi, vu, 13 (ibid. 80).
« Sancta Ecclesia..., ut ad sécréta gaudia pertingat, très solmn-
modo portas habet : videiicct iidcni, spem, atque caritatem ;
unam ad orientent, aiiatn ad aquiionem, tertiam ad meridiem.
Porta quippe ad orientent est ddes, quia per ipsam lux vera
nascitur in mente. Porta ad aquiionem, spcs ; quia unusquis-
que in peccatis positus, si de via desperaverit, ntisericordiam
funditus perdit. Unde necesse est ut qui per suant iniquitatem

exstinctus est per spent misericordiæ reviviscat. Porta ad meri-
diem, caritas ; quia igné arnoris ardet. In nteridiana etenim
parte soi in altum ducitur, quia per caritatcm iunien iidei in
Dei et proximi diiectione sublevatur. "
Cf. Hraban. Maur., in EzecA., iibr. xv (Opp. t. tv, 326).
2 Greg. M., in EzecA. (xL, 38), libr. n, homil. vin, IA (t. v,
93). K Gazophylacia superius dixintus corda doctorum quæ
scientiæ divitias servant. " — Id., in E^ecA. (xn, 17), iibr. tt,
honiii. vi, 1, 2, A, etc. (t. v, 60, sq.) « Quid itaque per gazo-
phylacia designatur ? nisi, ut supra diximus, corda doctorum
sapientiæ atque scientiæ divitiis plena ? etc. "
Cf. Ezech.,XL, A5.
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