Cahier, Charles; Martin, Arthur
Mélanges d'archéologie, d'histoire et de littérature (Band 1,1): Collection de mémoires sur l'orfévrerie ... : 1 — Paris, 1849

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CHANDELLE RS 151V CUIVRE
TIRÉS
DES CABINETS DE MM. CARRAND, DUGUË, DESMOTTES ET SAUVAGEOT,
DE PARIS.
En publiant et en essayant d'expliquer les cinq chandeliers des planches XIV, XV, XVI
et XVII, monuments restés jusqu'à présent, si je ne me trompe, sans dessinateur et sans inter-
prète, je viens surtout appeler l'attention des esprits sur un ordre de problèmes que la science
ne peut pas dédaigner plus longtemps. Chose étrange ! tandis que la noble curiosité du savoir
pousse tant d'hommes distingués à remonter aux premiers souvenirs de l'histoire, et à explo-
rer les contrées lointaines dans l'espoir d'y découvrir quelques débris du passé resté jusqu'ici
inconnu ou inexpliqué, il se rencontre que de nombreux monuments européens, des produits
de notre ère chrétienne, des œuvres de notre race comme de notre sol sont devenus pour nous des
énigmes presque impénétrables. A peine sortis du moyen âge, nous nous voyons en mille ren-
contres aussi impuissants à comprendre ses ouvrages qu'à retrouver dans l'alphabet mysté-
rieux d'une langue ignorée les secrets des plus vieilles civilisations du monde. Ou plutôt, par
un merveilleux effort de patience et de génie, la science recommence à lire les hiéroglyphes
de la terre des Pharaons, elle épèle en ce moment avec un bonheur inespéré les caractères
cunéiformes de Ninive, et il lui arrive tous les jours de rester muette devant des représenta-
tions dont le sens devait être populaire il n'y a que quelques siècles.
Un des principaux buts de ces mélanges est de recueillir quelques expressions de ce langage
oublié, d'offrir au contrôle des savants quelques essais d'interprétation en rapprochant des
monuments figurés les monuments écrits, les traditions et les croyances contemporaines,
ou bien de solliciter humblement des lumières en avouant notre ignorance. Dussions-nous
ne pas rencontrer les solutions, nous aurions encore à nous féliciter d'avoir soulevé les difïi-
cultés si nos efforts nous valaient des émules plus habiles et plus heureux.
Ici, au reste, tous ceux qui aiment à rencontrer dans les objets d'art l'originalité unie à
l'élégance, aussi bien que ceux qui éprouvent avant tout le besoin de découvrir l'inconnu,
nous sauront gré, je l'espère, de leur faire connaître les bronzes qui vont faire l'objet de ce
mémoire.
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