Cahier, Charles; Martin, Arthur
Mélanges d'archéologie, d'histoire et de littérature (Band 1,1): Collection de mémoires sur l'orfévrerie ... : 1 — Paris, 1849

Page: 150
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DEUX CHAPITEAUX HISTORIÉS
DU XU° SIÈCLE.

(PLANCHE XXV BIS.)
Durant une course rapide à travers la Haute-Bourgogne, si riche en vestiges de Part roman,
nous avons recueilli plusieurs sculptures mystérieuses du douzième siècle qui pourront servir
comme de jalons dans P explication du symbolisme de cet âge si peu accessible aux esprits de
notre temps. Cette fois nous reproduirons seulement deux chapiteaux de Vézelai, et ce ne
sont pas les plus étranges; mais il nous a semblé que le lecteur du dix-neuvième siècle ne
pouvait être introduit que pas à pas dans cette galerie si neuve pour ses regards. Après de
premiers essais, nous risquerons moins d'effaroucher nos contemporains par certains détails
d'art et d'interprétation fort éloignés des pensées dont se nourrit la société actuelle.

I.

CHAPITEAU DU MOULIN.

Le chapiteau désigné sur la gravure par la lettre A fixa tout d'abord mon attention, parce-
/
qu'il répondait à une préoccupation de mon esprit. Parmi les médaillons que décrit Suger
quand il parle des vitraux exécutés à Saint-Denis sous ses ordres*, il en est deux, ainsi que je
l'ai fait remarquer ailleurs-, qui ne nous sont plus connus que par la notice du douzième
siècle. Mais l'un, qui représentait l'Agneau divin ouvrant le livre aux sept sceaux, pourrait
absolument être recomposé à l'aide d'anciennes miniatures; l'autre m'avait paru plus difficile
à restituer : on devait y voir S. Paul près d'un moulin où le grain était versé par les pro-
phètes; l'Apôtre donnait le mouvement à la meule, et recueillait la farines. Ayant fait dans
le temps quelques recherches, mais sans fruit, pour deviner la forme que les peintres verriers
de Suger avaient donnée à cette scène singulière, je fus heureux de la retrouver tracée sur
la pierre par des artistes contemporains, moi qui désespérais à peu près de la pouvoir jamais
recomposer dans mon esprit.
Mais afin qu'on ne me soupçonne pas d'avoir pris trop avidement pour la réalité une simple
' Suger, De ?'n .s22a ye.uls., ap. Du- gunt itaque ejus materiæ versus isti :
iicsne, Hw. iv, 348, sq. „ ToHig, agendo moiam, defurfurePauielarinam;
^ Vitraux de Bourges, n" 67 (p. 133, sv.). Mosaicæ iegis intima nota lacis.
' Suger., 6 cic «.Una quarum de mate- Fit de tôt granis verns sine furfure panis,
tiaiibus ad immateriaiia cxcitans, Pauium apostoium moiam Perpetuusque cibus noster et angeiieus. "
vertere, prophetas saccos ad moiam apportare repræsentat.
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