Cahier, Charles; Martin, Arthur
Mélanges d'archéologie, d'histoire et de littérature (Band 1,1): Collection de mémoires sur l'orfévrerie ... : 1 — Paris, 1849

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MÉLANGES D'ARCHÉOLOGIE.

bon nombre de radicaux formés des mêmes articulations, mais dans un ordre différent, ont
au fond le même sens; les valeurs numérales des lettres, comme couvrant une expression
mystérieuse, ont été formellement consacrées par l'Esprit saint dans l'Apocalypse*; ainsi
toutes ces choses ne sauraient être absolument repoussées en principe et traitées de
songes.
Mais c'est assez de préliminaires; d'autant que toutes ces méthodes ne trouveront pas une
application certaine dans les détails qui vont suivre. Cependant il était bon de ne pas tron-
quer une exposition où les différentes parties sont liées par une parenté réelle. Yenons-en
maintenant au monument (PL XXXI, A et B) qui occasionnait cette introduction.
5. Dans ce mélange de lettres diverses, l'emploi qu'on a fait des caractères grecs a cela de
particulier que leur disposition sur l'une et l'autre face retrace l'image d'une croix : c'est,
sur la face A, une croÉr Mue,, comme on dit, ou à branche verticale plus longue que l'hori-
zontale ; et, sur la face B, ce que l'on désigne souvent sous le nom de ffoùr c'est à
dire à branches égales. Sur la face B, ce sont quatre et sur la face A, un à chaque
extrémité de la hampe, puis 1' et occupant chacun une des extrémités de la
branche horizontale (ou cromYAw).
Que le soit un symbole de la croix, nous l'avons montré si surabondamment ailleurs -
qu'il y aurait excès à y revenir ; outre que la preuve de ce fait ne pourrait s'établir ample-
ment ici sans entraîner un développement qui romprait tout équilibre entre les parties d'une
notice que nous prétendons resserrer étroitement. Pour et l'Omc^ il sufïit de rap-
peler les textes de l'Apocalypse s où l'on reconnaît sans peine le Fils de Dieu dans celui qui
dit à plusieurs reprises : <t Je suis l'<x et Pu, le principe et la fin. a Ces lettres grecques indi-
quent donc et la croix et le Crucifié, comme pour tenir lieu du crucifix dont il n'existe ici
aucune trace, et qui n'aurait pu faire partie de ce monument sans rendre inutiles les ins-
criptions dont cette croix est couverte.
Les lettres hébraïques forment sur la branche transversale (ou horizontale) le mot IeHOUD,
qui (s'il n'est une faute de gravure) peut être regardé comme une forme conventionnelle pour
remplacer leHOVaHL par respect pour le nom de Dieu. Si je ne me trompe, ce

* Apoc., xm, 17, 18; XV, 2.
2 Vitraux de Bourges, n° 25 (p. 35-38) ; Efade 1, 6g. C,
D, E, etc. Citons seuicment quelques lignes de Paschase Rad-
bert fin famenl. Jlibr. I; Bibl. PP. xiv, 773) :
« ... Diximus... quodTau signum est... crucis; et, ut venus
" ioquar, ipsa est crux..... scd quia Tau 6nis est hcbræo-
« rum clcmentorum, ipsa vero eicmenta totidcm sunt quot et
K iibri vetcris Tcstamenti quorum ipsa sunt signa ; undc non
« inconvenicnter reor quod sicut omnium ciementorum 6nis
H est, ita totidcm übrorum vcteris Tcstamenti 6nis est crux :

« passio videiicet Jesu Christi qui 6nis est totius iegis ad justi-
M tiam, etc. o Cf. Barnab. Epi^G, 9 (Galiand. 1,125).— Isidor.
Confra ÎMd<%os,!ibr. I, cap. 26 (cd. Arevaio, t. vi, 109, sq.).
— Arevaio, Pradenliana^ cap. 20 (Prudentii Opp., t. i,
p. 163-169). Etc., etc.
s Apoc., I, 8; xxi, 6; xxii, 13,
4 Kabbala denudata, t. ï, 38. « Ob rcverentiam divini no-
minis, loco Ile pingitur ïragmentum ejusdcm; ncmpe Da-
/elA. " Cf. 379. On sait que ies Juifs évitent volontiers
ce nom divin.
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