Cahier, Charles; Martin, Arthur
Mélanges d'archéologie, d'histoire et de littérature (Band 3,4): Nouveaux mélanges ... sur l'moyen âge. Bibliothèques — Paris, 1877

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CALLIGRAPHIE AC MOYEN AGE.

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objet d'étude, il y avait lieu d'espérer qu'il en serait fait un dépouillement sérieux, peut-
être même une édition complète'. Bien d'autres monuments, qui n'avaient pas les mêmes
titres à la publicité, l'ont obtenue avant celui-ci ; et il est sing-ulier que, jusqu'à présent, il
n'existe qu'en Allemagne un compte rendu de ce beau reste duxif siècle L Le refus,
très-excusable assurément, qu'opposait la ville de Strasbourg* aux demandes des antiquaires
parisiens, ne devait pas empêcher, ce semble , 1 étude de 1 A défaut
d'amateurs qui consentissent à se transporter en Alsace pour cet objet, la patrie de Schœp-
llin aurait trouvé sans doute dans son sein des hommes laborieux et capables, qui avec
un peu d'aide eussent traité tout de bon ce sujet ébauché seulement par M. Eng-elhardt L
En attendant, ne donnons point l'exemple de traiter lég-èrement ces sortes de matières.
Disons seulement qu'on y trouvait unie à la connaissance de la Bible et de la mytho-
logie, celle du droit canon, de la théologie dog-matique et morale, de la musique, de la
peinture, de la dialectique, etc. Le tout exposé en un latin qui n'est point à dédaig-ner,
malgré les formes bizarres que le xn" siècle y donne parfois à la poésie. Ces formes mêmes,
après tout, si tourmentées en apparence, ne sont pas sans intérêt pour l'histoire de la ver-
sification moderne, comme nous le montrerons peut-être ailleurs L Et après tout, elles
n'empêchent pas ici leur auteur d exprimer souvent avec un abandon plein de suavité les
sentiments qui 1 animent, ou de mêler des enseignements moraux aux formules techniques
les plus laborieuses. Le gnnre de notation employé pour exprimer le chant de ses proses
intéresse l'histoire de la musique ; et le soin qu'elle prend, pour faciliter l'intellig*ence de
son texte, en joignant aux mots latins peu usuels leur équivalent teutonique, pouvait fournir
aux glossaires germaniques du moyen âge plus d'une expression longtemps inconnue. En
outre les noms des 46 religieuses nobles d'Hohenbourg* eussent donné peut-être des maté-
riaux généalogiques à l'histoire des provinces rhénanes. Mais, comptant sur l'appel fait
par le Ctwn'M je me bornerai à considérer ce manuscrit sous le rapport des mi-
niatures, quand nous en serons venus à ce point.
Faut-il toutefois prononcer, comme à coup sûr, que l'abbesse Herrade fût la véritable
compilatrice, l'unique calligraphe et miniaturiste qui nous ait transmis ce beau volume,
sans que ses chapelains et ses religieuses y aient pris aucune part? Je n'en connais pas
une bonne preuve ; et ne vois même pas bien pourquoi son rôle serait autre que celui
d'avoir ordonné, dirigé ou pressé l'exécution de cette petite encyclopédie monastique pour
des femmes. Sachons-lui-en g*ré; disons en outre que cela fait grand honneur à l'intelli-
g*ence de la mère abbesse, aussi bien qu'à la culture littéraire de celles qui devaient en
profiter long-temps comme d'un manuel quotidien lég-ué au monastère ; mais n'exagérons
rien.
Voici, par exemple (pl. I, p. 118), une abbesse Uota (Uta, Utta) du Niedermünster de Ratis-

n'est pas pour effaroucher outre mesure les observateurs
du XK" siècle, et M. Letronne pouvait bien ne pas s'en
horripiier contre les monastères du moyen Age.
1. Ceia ne sembie pas avoir eu de conséquences jusqu'à
cette heure; et maintenant les bombes prusso-badoises
l'ont rendu à peu-près impossible.
2. 11 y a bien eu en France quelque chose comme cela,
par M. Lenoble; lequel a été couronné à l'Institut pour son
travail. Mais pourtant il n'avança pas beaucoup, ce me sem-
ble. la connaissance du livre d'Odilienberg et des ressour-
ces qu'on en pouvait tirer.

3. Herrad von Landsperg... und ihr Werk... Stuttgard,
1818.
Ayant enfin réussi à voir durant plusieurs jours le manus-
crit alsacien chez M. le comte Auguste de Bastard qui l'a-
vait en dépôt vers 1841, il m'est devenu possible d'ajouter
quelques observations à celles de M. Engelhardt ; et j'en ferai
usage dans la suite de ce travail, comme j'avais utilisé pour
les Vitrana; de Bourges cette bienveillante communication.
4. Plusieurs rotdeaMæ des worfs (éd. L. Delisle) font voir
que ces artifices de versification étaient de mode au moyen
âge en diverses contrées latines.
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