Cahier, Charles; Martin, Arthur
Mélanges d'archéologie, d'histoire et de littérature (Band 3,4): Nouveaux mélanges ... sur l'moyen âge. Bibliothèques — Paris, 1877

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MÉLANGES D'ARCHÉOLOGIE.

barbares, purent se développer sans obstacles, et conserver, avec les anciens modèles, les
traditions de l'art. Mais, cette partie de la chrétienté n'appartenant point proprement à mon
sujet, je n'en parlerai qu'en passant, et comme par occasion '. C'est la chrétienté d'Occident,
l'Église latine, qui m'occupe. Or la richesse des manuscrits du vnf ou du ix° siècle parmi
nous, montre que les ycnpàina d'Occident avaient peu de chose à envier à l'empire g*rec) et
ne leur empruntèrent même peut-être que le matériel tout au plus. Convenons cependant
qu'ils ont bien l'air d'en avoir reçu la partie technique, sans s'être toujours mis au courant
de l'habileté des Orientaux ; mais il n'est pas dit qu'on leur eût envoyé la fleur des calligra-
phes et des miniaturistes Byzantins. La trace de renseignement qu'ils avaient reçu, s'aper-
çoit dans l'affectation à copier jusqu'aux lettres grecques du modèle, ou du moins la pro-
nonciation des maîtres orientaux. On trouve, par exemple, une crucifixion accompagnée de
cet éclaircissement SiAPHROSis (pour oTKupMct;). Au fond, les hommes versés en ces matières
reconnaissent que, vers le vin" siècle, la calligraphie occidentale était fort en avance sur la
miniature.
Nous pouvons avoir eu quelque chose de mieux en France, mais pour bien peu de temps;
lorsque Charlemagne, destinant sa fille Rotrudeau trône de Constantinople, se fit envoyer un
eunuque byzantin (Elisée) pour la préparer à son rôle d'impératrice grecque (Cf. Theophan.,
I). Ce passa sept années à !a cour de France, jusqu'à la mort de
la princesse, et l'on peut croire que son séjour parmi les Francs aura été utilisé par quel-
ques élèves de l'école du palais. Je ne sais si l'on n'en trouverait pas des traces dans certaines
miniatures de cette époque.Ce sera la tâche des voyageurs habiles.
pOuloir indiquer ici les plus
brillan ts monumen ts calli gra-
phiques du moyen âge, ce
serait empiéter sur la description
des miniatures, parce que la pein-
ture entre presque toujours dans
les beaux manuscrits. D'ailleurs,
toutes les descriptions du monde
n'équivaudraient pas à un coup d'œil jeté
sur les manuscrits eux-mêmes ou sur les
/âc On peut indiquer au moins :
levangéliaire de saint Kilian, autrefois

810, etc.), dans les IVoMces des muKMScWts, t. VIH, 2"partie;
dans le catalogue des manuscrits grecs de Moscou publié
par Fr. de Matthæi, p. 348, 349, etc. Celui qui ferait de
ces diverses listes un relevé total, serait surpris peut-être
du petit nombre de bibliothèques qu il y trouverait, pour
un pays qu'on est convenu de mettre bien au-dessus de la
chrétienté latine. Quant à moi, ce n'est point ma tâche, et,
quoiqu'elle fût assez facile, je n'ai pas cru devoit me la
donner en m'écartant de mon but. Voyez aussi Ebert
(HuHdscArf/ïeMAw^e, i, 101, svv.) qui cite plusieurs copistes
grecs, séculiers et religieux; peut-être empruntés à Mont-
faucon.—Matthæi (Codd. Græcor. Mosquens. woD'Ma), Bandini
(BiMMtA.LaMrewf... codd. Græcf, t. IIÏ, P- viij, sqq. ; et 898,
sqq.), fourniraient plusieurs noms de calligraphes grecs et
de bibliothèques byzantines: mais je n'avais pas à traiter


I. Comme il peut être intéressant de connaitre les mo-
nastères et les copistes grecs dont il nous est reste des
manuscrits ou des notices, on en trouvera plusieurs indi-
cations dans Montfaucon(PniæogTapA/apræca, p. 37-39, etc.;
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