Cahier, Charles; Martin, Arthur
Mélanges d'archéologie, d'histoire et de littérature (Band 3,4): Nouveaux mélanges ... sur l'moyen âge. Bibliothèques — Paris, 1877

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MtMATURE AU MOYEN AGE.

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armi nous, du vt" siècle au x°, la sainte A iet'g'e est debout et
le plus souvent les mains élevées vers le cielb Ce n'est
guère qu'au xu° siècle qu'on aperçoit derrière elle un prie-
Dieu ou un pupitre, avec un livre ouvert. Elle semble alors
quitter sa prière, où elle a été surprise par la venue de
l'angle. Cette occupation parut aux artistes occidentaux plus
convenable que des travaux domestiques^, en dépit des apo-
cryphes; bien qu'alors les communications entre Byzance
et Rome eussent pu rendre plus abordable la connaissance
de ces sources quelconques.
Vers le xiv° siècle, le mysticisme compose la scène d'un
mélang-e de symbolisme et d'historique. Au lieu de poser le
livre (psautier) sur le prie-Dieu, on le place entre les mains
l'appuie sur son sein en sig-ne de méditation. C'est tout au

la lin du xtif siècle que le Av entre comme partie obligée dans ce tableau*;
quoique le lis, comme symbole de la chasteté, pour les deux sexes, fût générale-
ment adopté par les artistes dès le xn° siècle. Ainsi un vitrail de cette époque, à
Saint-Denis (publié par M. de Lasteyrie), où le lis paraît dans l'adoration des ma-
g'es, pourrait bien n'avoir reçu cet accessoire que par une réparation posté-
rieure. Pour ce qui est du lis placé entre les mains de l'ang-e (au lieu de la ba-
g'uette de héraut, usitée jusque-là, et qu'on retrouve encore au xv° siècle) il semble
que cette représentation ne soit pas antérieure à la seconde partie du xv". Les AaA
lis, dont le nombre a été assez exactement conservé dans les monuments, pour-
raient bien y Être un symbole de la Trinité qui intervient pour ce grand mystère.
Mais il se peut que S. Bernard n'y soit pas étranger, puisqu'il semble en sug-g-érer
ou en consacrer l'usagr, en donnant les trois lis comme expression d'une vertu
parfaite ou meme de l'Incarnation''.
Mais le triomphe de la Mère de Dieu dans la peinture, c'est l'époque qui s'é-
coule entre Giotto et Raphaël. Avec Giotto, Marie revêt la majesté d'une reine et
toute la beauté accessible au pinceau. Non pas que le culte de la sainte Vierg*e ait innové
à cette époque. Saint Cyrille d'Alexandrie avait dit, bien avant saint Bernard, tout ce qu'il
est possible de dire à son honneur sans la confondre avec Dieu et les tendres effusions
de saint Ilildephonse étaient bien antérieures à l'àg-e de la galanterie chevaleresque. D'ail-
leurs la coutume de représenter la Mère de Dieu en reine, remonte pour le moins au
ix" siècle^; mais ici c'est comme un concert unanime d'enthousiasme et d'amour. Ce n'est

1. Par exempte sur tes portes de bronze d'HUdesheim
(tOla) et ta Verrière d'Hcimersheim (ttn du xn° siècte). Cf.
Mütler, Beifræpe; et dans fRorfas deHcraram.
2. ÆraHpet. de wafànfntc Mariage, t).
3. Cette idée n'a pas commencé à saint Bernard, elle se
trouve déjà exprimée dans saint Hitdephonse. Cf. Anguis-
sota, ÆpAemerid. A. t8t9, p. 38.
4. Sur une médaitte sicitienne (Paruta, ed. Haverkamp,
Sied. MMmism., t. tt, pt- 10", RP- Zappert) de Chartes tl)
p289 — 1309), Marie et fange sont représentés debout : et
entre tes deux personnages se trouve, dans un vase, une
tige de tis à trois fteurs. En quoi te prince français pour-
rait bien n'avoir eu en vue que de consacrer a ta Mère de

Dieu tes insignes de sa maison; puisque tes tis d'or dans
tes armes de France paraissent dès te commencement du
vu" siècte (ChifUet, /ÆaiM /ranc , p. 36, ap. Zappert), mais
tes trois tis n'ont caractérisé t'écu français que ptus tard.
5. Cf. Bernard, in Caution, serin. i.xx, etc. ; etc.
6. Sur tes anciens témoignages de dévotion à ta Mère de
Dieu dans t'Égtise grecque, it suffirait de parcourir sa
titurgie; mais t'on peut se contenter de jeter tes yeux sur
un article des Æ/yemeràM tefterarte d/ Borna (1822), p. 20.
et sur l'ouvrage dont it y est rendu compte (Naples, 1822).
Puis vous avez, par exemple, Hippotyte Marracci avec sa
ÆtMiofAoea martawn.
7. Mosaïque (de 820) à Sainte-Cécite de Rome (Ciampini,
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