Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 3. Pér. 21.1899

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UN DESSIN DE

JEUNESSE D’ALBERT DURER

POUR LA « SAINTE FAMILLE AU PAPILLON »

Comme le vulgaire des
hommes, les grands artis-
tes restent soumis à l’ap-
prentissage de leur métier.
Mais, avant même que la
science leur ait fourni toutes
ses ressources, le génie
marque leurs œuvres. Et
rien n’est plus émouvant
que de découvrir dans les
premiers essais d’un maître
le germe déjà vivant d’où
fleuriront un jour ses créa-
tions parfaites. Cette éclo-
sion est souvent obscure.
Peu de gens s’y intéressent.
Le public applaudit les
grands artistes, suivant une formule dictée par quelques écrivains
autorisés. Hors de l’époque où s’affirme l’apogée de leur talent, le
monde les ignore. L’œuvre classée, cataloguée, vulgarisée par le mu-
sée, devient l’unique pivot de l'admiration ou de la critique sans
qu’on s’inquiète de chercher quelles étapes l’homme a parcourues
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