Morgan, Jacques de [Contr.]
Fouilles a Dahchour: 1894 - 1895 — Wien, 1903

Page: 45
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DEPENDANCES DE LA PYRAMIDE D'AMENEMHAT II.

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Il est encore un fait intéressant à signaler, c'est que, bien que le travail de fermeture se soit
opéré dans l'obscurité, les murailles blanches de calcaire de Tourah ne portent aucune trace de
fumée des lumières qui durent être employées par les ouvriers.

Le tombeau de la princesse Ita avait été construit en plein air, tandis que celui de la princesse
Khnoumit était à demi engagé dans une cave creusée dans le rocher. Ce dispositif économisait, il
est vrai, l'enlèvement de toutes les couches supérieures, mais il avait obligé les architectes à sou-
tenir à l'aide de piliers de calcaire le toit trop croulant de l'excavation, et, malgré cette précaution,
une partie de la voûte s'abattit sur les dalles supérieures lors de l'ouverture, par nous, du monu-
ment.

La précision avec laquelle les architectes de la xne dynastie exécutaient leurs travaux est ex-
trêmement remarquable. Les moindres détails sont très soignés, même ceux qui, ne devant être
utiles qu'avant la mise au tombeau du défunt, doivent être annulés après l'achèvement de la cons-
truction. Les pierres et les bois sont d'une façon tellement soignée que, dans la plupart des cas, il
ne serait pas possible de glisser une feuille de papier dans les joints.

Nous avons vu {Fouilles à Dahchour en 1894) que les tombeaux de l'époque d'Usertesen III,
aussi bien dans sa pyramide qu'en dehors, étaient presque toujours voûtés, soit en calcaire, soit
en briques, soit même en granit. Les architectes avaient recherché cette forme de plafond avec
une persévérance qui semblerait indiquer une mode plutôt qu'un besoin architectural. Dans les
monuments de l'époque d'Amenemhat II, au contraire, la voûte est fort rare. Nous n'en connaissons
que peu d'exemples, et encore ces voûtes étaient-elles imposées par la nature des briques dont elles
sont composées. En toute autre circonstance, quand les matériaux offrent une résistance suffisante,
c'est la plate-bande qu'emploient les constructeurs dans tous les monuments. Il semble donc im-
possible d'établir des règles générales sur l'usage des voûtes et, au contraire, on est porté à penser
que la mode jouait un grand rôle dans les dispositifs adoptés.

Aujourd'hui que nous savons d'une manière absolue que les Égyptiens de l'époque de Snéfrou
connaissaient la voûte cylindrique et en faisaient grand usage pour leurs constructions de briques,
qu'en même temps ils employaient la plate-bande, les plafonds en arc-boutant ou en encorbelle-
ment, il ne nous est plus possible d'assigner à telle ou telle période tel ou tel dispositif. Tous
furent en usage dès les débuts de l'histoire en Egypte, et la prédominance de l'un ou de l'autre des
procédés était uniquement due à la fantaisie des architectes de l'époque considérée.

Après avoir décrit en détail la construction des tombes d'Ita et de Khnoumit, je passerai au
récit de la fouille de chacun des tombeaux.

Tombeau de la princesse Ita.

Le premier des deux sarcophages que j'ai ouvert est celui de la princesse Ita. Je me suis bien
gardé toutefois d'enlever un à un les blocs qui obstruaient le couloir. J'ai simplement coupé les
larges dalles qui recouvraient la tombe, tournant ainsi les obstacles accumulés par les anciens
devant le chemin naturel qu'ils avaient suivi en se retirant (fig. 105, p. 46).

Sous le plancher, composé de madriers épais de 11 centimètres admirablement ajustés, se trou-
vait le sarcophage, lourde masse de grès dur très bien poli, mais ne portant aucun dessin, aucune
inscription. Son couvercle présentait autrefois deux oreilles destinées à son maniement, mais ces
appendices avaient été brisés, probablement à l'aide d'une pierre arrondie également en grès qui
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