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62

ÉTUDE GÉNÉRALE

des motifs zoomorphiques : coq (cat.l. 62-63), chien (incertain, en tout cas un quadrupède,
cat.l. 68) ; et un objet : oinochoe (cat.l. 69).
Tous ces motifs, ornementaux et figuraux, appartiennent au répertoire bien connu de l’art
funéraire hellénistico-romain. La tête de Malakbêl 62 seulement peut être un motif local, mais
elle ressemble tellement aux Gorgoneia, qu’il est difficile de se prononcer d’une manière décisive
sur ce point. En tout cas Malakbêl (si l’empreinte en question le représente) a été sans doute
moulé d’après le Gorgorieion très fréquent sur les lampes de différents sites du Proche Orient.
Eros, Mercure, le chien, le coq, l’oinochoe ressemblent tellement aux empreintes sur les lampes
fabriquées dans les autres centres que certainement ils ont été moulés d’après les médaillons
de lampes importées. Il est inutile de dire que les motifs floraux : rosace, rinceau de vigne,
rameau d’olivier et palmette, appartiennent aussi au répertoire bien connu de l’art hellénistico-
romain.
Les motifs forment, à mon avis, trois groupes du point de vue symbolique : symboles de la
résurrection et de la vie d’outre-tombe, symboles de la mort et des funérailles et les symboles de
la lumière.
Au premier groupe appartiennent : Eros (cf. la légende d’Eros et Psyché qui symbolise les
tribulations et la résurrection de l’âme), Pan et le rinceau de vigne (motif bacchique), la cou-
ronne de rameaux d’olivier (victoire sur la mort).
Au deuxième groupe appartiennent : Mercure (Hermes Psychopompos), le vase, qui res-
semble aux aiguières romaines dont on se servait pour les sacrifices ; le chien, qui accompagne
dans la mythologie palmyrénienne Heraclès-Nergal, dieu des Enfers 63.
Au troisième groupe appartient certainement le dieu du Soleil Malakbêl (si l’empreinte en
question le représente), de même le coq et les rosaces qui ressemblent aux auréoles des dieux
palmyréniens sur les nombreux reliefs et qui présentent probablement les sources de lumière,
le soleil ou les étoiles (cf. p. 47).
Nous croyons que les lampes avec l’inscription des deux divinités lunaire et solaire, 'Aglibôl
et Malakbêl, appartiennent au même groupe. Mme Seyrig a avancé jadis l’hypothèse suivant
laquelle cette inscription remplace une marque de fabrique, qui appartenait au temple de Malakbêl
et de 'Aglibôl 64, mais les marques étaient toujours dans tous les centres de production placées
sur la base, parfois sur le récipient, jamais sur le disque destiné au décor.
Aux symboles de lumière appartiennent peut-être les globules. D’après du Mesnil du Buisson,
le cercle formé par six globules avec le septième au milieu, qui orne parfois le disque d’une lampe,
représente les 7 planètes, tout comme les médaillons sur le plafond du thalamos du temple
de Bêl 65.
Pour finir, revenons à l’Amour Lyricin (cat. 1. 70). Nous l’avons cité en tête du premier
groupe, des symboles de résurrection, mais il faut rappeller que les Erotes innombrables figuraient
sur les sarcophages romains d’enfants. Une destination pareille de notre lampe, offerte à un
enfant défunt, nous semble aussi possible.

62 Cf. cat. 1. ad n° 60.
63 Cf. pour cette divinité T. Borkowska, Les bas-reliefs votifs de Palmyre (en polonais avec résumé
français), Studia Palmyreriskie I, 1966, pp. 112-113, n° 25, fig. 7 ; Milik, pp. 165-170 (avec la littérature anté-
rieure).
64 Amy-Seyrig, p. 262 ; cf. aussi ci-dessous, p. 167, note 4.
65 Du Mesnil du Buisson, p. 78.
 
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