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L' art: revue hebdomadaire illustrée — 13.1887 (Teil 1)

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https://doi.org/10.11588/diglit.25558#0226

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IGIER RICHIER'

STATUAIRE LORRAIN (i5oo-i56;)

(fin)

ans le courant de l’année 1866, la Société d’archéologie lorraine fut
informée que la reconstruction de l’église de Noviant-aux-Prés ayant
nécessité de grandes dépenses, le conseil de fabrique était disposé à
vendre les statues funéraires de René II de Beauvau et de Claude
de Baudoche, sa femme, placées dans la vieille église de cette com-
mune. L’occasion était trop belle pour la laisser échapper. On savait
que ces statues étaient dues au ciseau de Ligier Richier et il était à
présumer que les villes voisines, ne possédant pas dans leurs musées
d’œuvres du grand sculpteur lorrain, ne manqueraient pas de cher-
cher à les acquérir et créeraient, par leurs démarches, une concur-
rence nuisible aux intérêts du Musée historique de Nancy. Il fallait se hâter. Grâce à
l’empressement que mit le comité de la Société lorraine, grâce, d’autre part, au bon vouloir des
fabriciens de Noviant, l’affaire fut facilement conclue. Moyennant une somme de i,5oo francs,
les deux statues devinrent la propriété du Musée historique lorrain. Elles sont aujourd’hui
placées au rez-de-chaussée du palais ducal, dans une salle voûtée, sorte de crypte, un peu
obscure, mais bien en harmonie avec les monuments funéraires qu’elle abrite.

René II de Beauvau, baron de Manonville et de Rorté, seigneur de Noviant, Tremblecourt
et Hamonville, sénéchal du Barrois, était fort jeune lorsqu’il assista à la bataille d’Agnadel où il
fut armé chevalier par Louis XII. Il épousa Claude de Baudoche, dame de Panges et autres
seigneuries, dont il eut onze enfants. Il mourut en i5q8 et ce fut dans la chapelle de Noviant
qu’il fut inhumé avec sa femme.

Le bon chevalier est représenté couché, les mains jointes, dans l’attitude de la prière. Son
visage est encadré de longs cheveux régulièrement disposés; une barbe épaisse descend sur sa
poitrine. Détail caractéristique, les paupières baissées sont terminées par un bourrelet de chair
assez saillant que l’on retrouve dans d’autres figures de Ligier. Il est vêtu d une cotte d’armes
blasonnée des armoiries écartelées de Beauvau et de Craon, d’une finesse d’exécution remar-
quable. Ligier se plaisait à soigner ainsi les ornements accessoires. Sous la cotte armoriée,
René est revêtu de l’armure complète des hommes d’armes du xvie siècle, cotte de mailles,
brassards, cuissards, etc.

Claude de Baudoche repose à côté de son époux. Ses traits réguliers sont empreints d’un
doux sentiment de résignation pieuse. Son costume, très simple, est traité avec cette largeur et
cette sobriété sévère qui est un des traits caractéristiques du talent de Ligier. Une coiffe, à la
Marie Stuart, entoure le visage en cachant les cheveux. La robe, fermée au menton, est couverte
d’une pèlerine qui s’arrête sous les bras et est échancrée sur la poitrine. Un long rosaire pend
à son côté. Les deux époux ont la tête un peu relevée par un coussin.

1. Voir l’Art, 120 année, tome II, page 209, et i3° année, tome I", pages i3 et 37.
 
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