Brugsch, Heinrich
Grammaire démotique: contenant les principes généraux de la langue et de l'écriture populaires des anciens Égyptiens — Berlin, 1855

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GRAMMAIRE DÉMOTIQUE, CHAP. V.

CHAPITRE CINQUIEME.

DES VÉRITABLES SIGNES IDÉOGRAPHIQUES DES CHIFFRES.

130. Dans les divers systèmes de l'écriture de tous les peuples antiques et modernes, il est
un certain nombre de signes d'une nature idéographique qui sont compris de tout lecteur initié dans
la connaissance de l'art d'écrire de sa propre nation ou des nations antiques. Ces signes ne sont
inventés que pour des usages plus commodes, en cherchant à exprimer l'idée qu'on veut y attacher
par imitation, comme p. ex., (C pour lune ou 0 pour soleil etc. dans les calendriers, ou en indi-
quant l'idée d'une sorte de symbolisme; ainsi si la croix f désigne mort, deux sabres en croix dé-
signent une bataille etc.

Mais il y a dans tous les systèmes d'écriture une autre classe de signes d'un usage extrê-
mement fréquent, et qui remonte à une bien haute antiquité. Ce sont ceux qui servent à la no-
tation des diverses valeurs numériques, les chiffres, dont le nombre chez les peuples civilisés du
monde moderne se réduit à neuf, savoir 123456789 et à un signe de position 0, tous ser-
vant à faire les opérations de l'arithmétique de position.

Comme les Egyptiens, ainsi que tous les peuples de l'antiquité, n'avaient pas connaissance
du système de position, ils devaient exprimer dans le système décimal chaque décade par un signe
particulier, en outre des chiffres du nombre un jusqu'à celui de neuf. Il va sans dire que le nombre
des chiffres était bien grand. Dans une monographie ayant pour titre: Numerorum apud veteres
Aegyptios demoticorum doctrina, j'ai exposé la nature qui règne dans la composition de ces signes,
dont j'ai eu le bonheur de découvrir un grand nombre, par l'étude de comptes égyptiens rédigés
démotiquement. A cet égard, je dois renvoyer le lecteur à cet écrit.

Pour faciliter l'étude de ces signes numériques en usage chez les anciens Égyptiens, je com-
mencerai par examiner la classe fondamentale des signes numériques cardinaux, en second lieu celle
des nombres ordinaux, et je finirai par les signes fractionnaires.

I. Signes numériques cardinaux.

131. Le tableau suivant est destiné à présenter un aperçu des signes servant à exprimer
les unités. Les signes renfermés dans la première colonne indiquée avec la deuxième sous la lettre
A, nous montrent les formes de textes antiques. Il est aisé de voir qu'ils ne diffèrent pas trop des
signes hiératiques prototypes des démotiques, et qui se trouvent reproduits sur le tableau général à la
fin de l'ouvrage. La composition de ces signes n'offre pas de grandes difficultés. On voit qu'un trait
perpendiculaire donne origine aux autres unités qui se forment de cette manière: 11 = 2, 111 = 3,
llll = 4, '"J = 5, jjj = 6, 'Ji'j = 7, JÎJj = 8, ''[m = 9. La deuxième colonne nous présente les mêmes signes
augmentés seulement au bas ou à gauche du signe < qui est la marque du genre féminin des noms
(voy. plus bas). Les signes numériques sont affectés de cette caractéristique, quand le nom suivant,
en rapport avec le signe numérique, est du genre féminin.

Les deux colonnes suivantes notées sous la lettre B. contiennent les mêmes signes, mais,
comme on le peut voir, sous des traits plus rapides et plus légers que les premiers. Ces formes
ne se rencontrent que dans des manuscrits des temps modernes. Les signes de la colonne C. enfin
nous représentent les signes des unités, tels qu'ils se montrent dans l'époque la plus récente de
l'écriture démotique, comme dans les papyrus gnostiques et magiques de Leide.
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