La chronique des arts et de la curiosité — 1917(1919)

Page: 7
DOI issue: DOI Page: Citation link: 
https://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/cac1917_1919/0011
License: Free access  - all rights reserved Use / Order
0.5
1 cm
facsimile
ET DE LA CURIOSITÉ

fois qu'un succès est remporté par les troupes
françaises sur n’importe quel point du front, écrit
l’éminent artiste, l’ennemi se venge sur Reims. »
Après la reprise de Douaumont, par exemple,
1.260 obus furent envoyés ; la cathédrale en reçut
pour sa part trois de 150, sans compter ceux qui
sont tombés sur les voûtes et qui échappent à toute
vérification. Combien de temps ces voûtes résiste-
ront-elles au bombardement et, d’autre part, à la
désagrégation constante qu’elles subissent du fait
des intempéries? U est à souhaiter que des mesures
de protection soient prises dès maintenant. L’Aca-
démie s’est faite l’interprète de ce vœu auprès de
M. Dalimier. Mais le sous-secrétaire d’Etat des
Beaux-Arts a été obligé de répondre : « Dès que
nous essayons quelques travaux de protection,
l’artillerie allemande s’acharne sur la cathédrale ».

L’Académie a été avisée d’un legs de 300.000 fr.
fait en sa faveur par Mme Catherine Pellechet et
« dont les intérêts devront être employés à conser-
ver les monuments présentant un intérêt histori-
que ou archéologique ».

Séance du 27 janvier

L’Académie des Beaux-Arts entend un rapport
de M. Cormon relatif à la réforme de l’enseigne-
ment artistique tel qu’il est actuellement donné à
l’Ecole des Beaux-Arts, au Conservatoire de mu-
sique et de déclamation et aux diverses écoles
d’art décoratif et industriel. Après la guerre, il y
a intérêt à ce que l’art français reprenne, dans le
monde, le premier rang que lui assignent ses glo-
rieuses traditions. Professeurs, artistes et jeunes
élèves devront témoigner de leurs qualités d’iui-
tiative, d’activité pratique et d’expansion.

Séance du 3 mars

Le prix biennal Alphonse de Rothschild (12.000
francs) est partagé de la façon suivante : 3.000 fr.
à M. Devrin, architecte; 3.000 fr. à M. Marcel
Lambert, architecte; 1.500 fr. à M. Gagliardini,
peintre; 1.500 fr. à M. Gilbert, peintre; 1.500 fr.
à Mlle Sibylle Jacquet: 1.500 fr. à M. Le Borne,
compositeur de musique.

REVUE DES REVUES

Bulletin de correspondance hellénique (33e

année, 1914 [publié en 1916]. (Janvier-juin). —
G. Blum et A. Plassart : Orchomène d'Arcadie,
fouilles de 1913. — Ces fouilles, méditées dès
1868, ont été mises à exécution du 15 août au
10 octobre 1913. Dans la ville haute, sur l’agora
identifiée par Lattermann, on a reconnu les restes
d'un grand portique du iv* siècle ; un autre édi-
fice oblong, peut-être un Boulcutérion, où l’on a
recueilli un joli petit buste de Zeus ; un temple
d’Artémis Mésopolitis (terres cuites, pied de mi-
roir en bronze, mufle de lion, gorgoneia de bronze)
précédé d’un vaste autel long de 17 m. 30; enfin le
théâtre, La ville basse a fourni une terrasse semée
de fragments d’aryballes corinthiens (l’un en forme
de singe), un temple dorique hécatompède, un re-
lief dionysiaque très archaïque, qu’explique une
monnaie d’Orchomène, etc.

— Paul Perdrizet : Némésis (suite, voir les an-
nées 1898 et 1912). Publie entre autres une stèle
de basse époque (Némésis ailée foulant un crimi-
nel), un disque calcaire où Elpis fait pendant à un
griffon femelle, le pied posé sur une roue.

(Juillet décembre). — A. Delatte : Etudes sur la
magie grecque. Publie quelques gemmes inédites
du Musée d’Athènes et de curieux dessins de pa-
pyrus.

— P. Graindor : L'Entrée de l'Acropole sous
l'Empire. L’escalier monumental n’est pas du
règne de Galigula, mais un peu postérieur
(Claude?). Les pylônes sont du ive siècle. La
porte Beulé ne serait pas antérieure à 630 environ.

— Fernand Courby : Note sur la date du por-
tique d’Antigone à Dêlos. J1 a été consacré pour
la première célébration des Antigoneia (254 ou 252
av. J.-G.).

— Le Fronton oriental du temple archaïque
d'Apollon et Delphes. Essai de restitution ; au
centre, un quadrige de face avec Apollon encadré
entre Artémis et Latone ; de part et d’autre, trois
divinités debout ; aux extrémités, groupes de lion
dévorant un cerf. Au sommet du fronton, Niké;
aux angles, sphinx.

L’Art français moderne (n° 2, septembre 1916
[paru en janvier 1917]). — Fascicule spécialement
consacré aux Jouets de France, à propos des deux
expositions du Musée des Arts décoratifs : deux
jolis articles do Mrs Edith Wharton et de M.
Gouverneur Morris en faveur du jouet français
précédent une importante étude de notre éminent
collaborateur M. Edmond Pottier, illustrée de
37 belles reproductions, dont 4 hors texte en cou-
leurs.

La Grande Revue (janvier 1917). — Dans
une étude très documentée, qui a été utilisée
dans les rapports du récent Congrès national du
Livre, notre collaborateur M. Charles Saunier
montre quelles étaient, au moment de la guerre,
vis-à-vis de ce qui se faisait à l’étranger, et notam-
ment en Allemagne, la situation de la librairie
française et son infériorité sur bien des points, et
il expose ce que devra être, pour reconquérir notre
suprématie d’autrefois, le « livre français d’après
guerre », les qualités de typographie élégante, en
harmonie avec le texte, de papier honnête, de
belle ordonnance extérieure,(qu'il devra présenter.

L’Art et les Artistes (nos spéciaux). — Cette
revue, qui a entrepris la publication de numéros
spécialement consacrés à la guerre (successivement
ont paru La Cathédrale de Reims, Au front, La
Belgique héroïque et martyre, Les Vandales en
France, L'Alsace délivrée, La Lorraine affran-
chie, La Pologne, La Roumanie, Lille sous le
joug allemand), vient de publier un nouveau fas-
cicule qui, sous le titre L'Art assassiné, est consa-
cré à l’exposition des œuvres d’art mutilées au
Petit-Palais : 58 gravures illustrent le commen-
taire qu’en donne M. Camille Mauclair.

Revue des Deux Mondes (1er janvier 1917).
Le graveur André Coppier, qui avait déjà donné
loading ...