La chronique des arts et de la curiosité — 1917(1919)

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BUREAUX : 106, BD SAINT-GERMAIN (6e)

Avril-Mai.

LA

CHRONIQUE DES ARTS

ET DE LA CURIOSITÉ

SUPPLÉMENT A LA GAZETTE DES BEAUX-ARTS
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I_ie 3Sr-u.m.éro : O fr. 75

PROPOS DU JOUR

a création de nouvelles taxes sur
les objets dits de luxe fait couler
beaucoup d’encre, et leur mise en
vigueur, très laborieuse, ne con-
tribuera pas à apaiser ce Ilot.

Nous n'aborderons pas ici la question des
classifications adoptées. Constatons par ail-
leurs qu’il y a eu unanimité de protestation
entre la Chambre de Commerce et un groupe-
ment tel que la Fraternité des Artistes. Ce
n’est pas- la faute de cette dernière, ni du
remarquable rapport que lui a présenté M.
Barlholomé, si le projet n’a pas été repoussé.
L’émotion qu’il a soulevée a eu au moins ce
résultat d’exonérer de l'impôt les ventes
faites directement par les artistes, seul point
sur lequel, à la demande de M. le député
André Lebey, le ministre des Finances ait
consenti à céder.

Il nous parait nécessaire d’examiner le prin-
cipe même de ces mesures d’excessive fisca-
lité, qui offrent un contraste trop frappant avec
quantité de déclarations officielles, avec les
sentiments du public éclairé, avec une préoc-
cupation générale de l’avenir de notre art et,
surtout, de nos industries d’art.

On le dit communément : l’art est « notre
capitale valeur économique^. On voudrait,
en paroles tout au moins, lui conserver ou
lui rendre une suprématie qu’il a perdue —
par routine, infatuation parfois, manque
cl’habileté commerciale et d’adaptation — sur
plus d’un point du globe ; on se rend parfaite-
ment compte de ce que « vaut » le goût fran-
çais et partout, chez les artistes et les artisans,
s’élaborent les formes et les tons qui seront la
joie de demain et feront plus pour notre pres-
tige que toutes autres manifestations...

°G’est le moment que l’on choisit pour frap-
per durement cette source de profits matériels
et moraux. Sans 'doute, il faut de 1 argent,;
mais pour les sommes que l’on percevra
ainsi, ne risque-t-on pas de tarir cette source !

Et le mal est aussi intérieur, si l’on peu
s’exprimer de la sorte. Il n’est pas dans le
fait d’augmenter de quelques dizaines de
francs le prix des objets de véritable luxe
auxquels les gens très riches ne renonceront
guère; il est dans l’impossibilité où se trou-
veront les classes moyennes et peu aisées
d’acquérir les ornements plus modestes du
foyer, de la table ou de la parure. Abaisse-
ment très probable, par conséquent, du goût
général autant que du commerce des œuvres
d'art; ce n’est pas là, certes, un bénéfice.

Tout impôt somptuaire est un danger dès
qu’il menace cette fleur de goût qui est la
marque même de notre civilisation. Il faut
souhaiter, en tous cas, qu’avant même que les
graves préoccupations matérielles du moment
soient complètement écartées, on en revienne,
par des retouches nécessaires, à une plus
judicieuse sauvegarde de nos vrais intérêts.

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NOUVELLES

*** Le département des antiquités grec-
ques et romaines du Musée du Louvre a reçu
pendant l'année 1917 plusieurs dons intéres-
sants : du regretté Maxime Coliignon, deux
bronzes antiques, dont l’un est une applique
de miroir grec en relief d’une grande élé-
gance, provenant de Mantinée, et l’autre est
un petit Silène romain d’un beau travail,pro-
venant de la région de Smyrne ; — de l’U-
nion centrale des Arts décoratifs, une statue
en marbre blanc d’un empereur revêtu d’une
cuirasse à reliefs où l’on voit deux Néréides
portées par des dieux marins et s’avançant
au militudes flots; —enfin, du comte Alexan-
dre Deiaborde, de l’Institut, un recueil de
dessins et aquarelles exécutés par Cassant, un
des artistes que le comte de Glioiseul-Gouf-
ner avait emmenés avec lui en Grèce et en
Orient pour reproduire les monuments les
plus fameux de ces pays en vue d’illustrer
son Voyage en Grèce.

Le Musée du Louvre s’est rendu acqué-
reur, •' la première vente Degas, de la char
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