La chronique des arts et de la curiosité — 1917(1919)

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ET DE LA CURIOSITÉ

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mais un peu trop isolés peut-être de l’atmosphère
de l'ensemble.

A la même gale rie (1) sont réunis les « Tout petits»
tableaux de MM. Bompard, Legoiit-Gérard, Dauphin,
Jourdain, Vignal, etc. On voudrait agrandir beaucoup
de ces « tableautins » pour leur donner tout leur
intérêt, excepté toutefois les envois de M. Devambez
qui a le sens du lilliputien, et les vases de fleurs
de M. Filliard, au coloris éclatant et précieux qui
convient à la miniature.

L’exposition d’Abel Truchet(2) a remplacé à la
galerie Barbazanges, le superbe et romantique Atelier
du peintre de Courbet, voué décidément aux aven-
tures ! Quelle vie se dégage des œuvres d’Abel Tru-
chet ! Ses toiles semblent des fleurs sur son cercueil :
vues de Venise, scènes de guerre, natures mortes,
où l’on trouve encore plus de fraîcheur d’impression.
Sa « dernière toile » marque peut-être une évolution
vers un art moins scrupuleux d’imitation, et s’attar-
dant aux effets de couleur et d’arabesque.

51. Zingg(3) imite dans ses aquarelles, les bois
coloriés. 11 imite aussi l’art japonais en peignant la
campagne alsacienne.

Il se dégage de la sérénité des grands espaces
peints par M. Grosjean (4), qui aime les lointains
sombres, mais précis et dégagés du trop facile bleu
horizon.

Je no puis que citer les vieilles maisons de M. Ch.
Contel (5), les Fleurs delà guerre de M. Degallaix (6),
les eaux fortes et les sculptures de MM. Léon et
Gaston Broquet (7), les animaux sauvages et domes-
tiques de MM. Rotig et Doigneau (8), les expositions
de .MM. Francis Smith (9), Gaston Doin (10),
Austen Brown (11), Sénéchal (Paris sous les gothas et
les berlhas) (12).

Les Fêles foraines de M. Galtier-Boissière (13),
sont d’un réalisme juste, sans littérature ni ou-
trance. 11 s’en dégage même parfois du lyrisme qui
rappelle la Louise de Gustave Charpentier.

Les paysages de M. Jules Flandrin (14) mérite-
raient une longue étude. Il ne m’est possible que de
constater le grand succès qu’ils ont obtenu, pour
leurs qualités de composition, de couleur et de
lumière, si sûrement acquises.

M. René Durey (15) est également à la recherche
de formules nouvelles: sa facture, inspirée de celle
de Cézanne est restée d’abord un peu sourde; ses
dernières œuvres et notamment celle achetée par
l’Etat, sont : lus vibrantes.

M. Picart le Doux (16) n’en est pas encore là, semble-
t-il. 11 est vigoureux, mais, pour simplifier la gamme
de ses tons, trop avare de lumière. A la même expo-
sition d’intéressantes têtes d’enfants, de.M. Marque.

Avec M. Per Krogh, nous entrons dans l’inconnu
sur bien des points. On perçoit toutefois des qualités
de coloriste délicat et des dons assez rares d’imagi-

(1) Galerie Georges Petit, Ie'' au 31 décembre. —

(2) Galerie Barbazanges, jusqu’au 13 décembre. —

(3) Galerie Druet, 24 novembre-o décembre. —

(4) Galerie llaussmann, 2 octobre-13 décembre. —
(o) Galerie Devambez, 1er au 15 décembre. — (0)
Galerie Vennier, 1er au 31 décembre. — (7) Galerie
Marcel Bernheim, 1er au 15 décembre. — (8)
Galerie Legoupy, 20 novenibre-20 décembre. •— (9
Galerie Devambez, 1er au 13 décembre. — ( lü)
Galerie Devambez, 1er au 12 décembre. — (il)
Galerie Manzi, 19 novembre-6 décembre. — (12)
Galeiie Georges Petit, novembre-décembre. — (13)
Galerie Chéron,jusqu’au 22 décembre. — (14) Galerie
Druet, 24 novembre-o décembre. — (13) Galerie
Bernheim, 1-13décembre. —(16) Galerie des « Feuil-
lets d’art », 8 au 20 décembre.

nation, qui résistent à la pratique du cubisme, si
desséchante pour un vrai peintre.

J’ai noté enfin deux expositions rétrospectives :
celle de Bottini, jointe à l’exposition de la Peinture
à l’eau mentionnée plus haut, et qui évoque le règne
de Jean Lorrain; celle de petits maîtres anglais (2),
qui ont vécu à l’ombre des grands, dont ils étaient
parents, élèves ou simplement, imitateurs. Plusieurs
des œuvres exposées sont de très bonne qualité.

L’exposition de céramique de M. André Metthey(3)
offrait le plus vif intérêt pour les artistes, à cause de
ses belles qualités techniques, et pour les historiens
d’art, à cause des influences qu’on y démêle.

Pierre Clamorgan

Académie des Inscriptions

Séance du J4 novembre

Election. — L’Académie procède à l’élection d’un
membre libre en remplacement de M. Émile Picot.
Étaient candidats : MM. Brutails, de Gastries, Henry
Gochin, Pierre Paris et Paul Lacombe. Au second
tour de scrutin, M. Brutails, archiviste départemental
de la Gironde, correspondant de l’Institut, a été élu,
par 24 voix contre 11 à M. Pierre Paris, 5 à M. de
Gastries, 4 à M. Henry Gochin et 1 à M. Paul Lacombe.

Séance publique annuelle Ç28 novembre.)

A cette séance, après le discours d’usage du prési-
dent, le comte Alexandre de Laborde a lu un inté-
ressant travail sur La Librairie d’Anne de Polignac,
comtesse de la Roche foucault, et M. René Cagnat une
notice sur la vie et les travaux du regretté Paul
Meyer.

CORRESPONDANCE DE SUISSE

Le Musée des Beaux-Arts de Be:ne, dont la direc-
tion a été confiée récemment à notre collaborateur
M. Conrad de Mandaeb, vient de consacrer une inté-
ressante exposition rétrospective aux peintres Lory
père et fils (17(33-1846). Cet ensemble comprenait des
aquarelles, gravures et dessins légués récemment au
musée de Berne par M. Ch.-Louis Lory, ainsi que de
nombreux ouvrages prêtés par des particuliers. Les
Lory ont employé leur crayon à reproduire surtout
des paysages et des costumes suisses ; mais leur
horizon artistique s’est élargi au delà des limitesde
leur pays. Leur art a pris naissance au milieu de
cette pléiade d’artistes bernois qui se groupaient
autour de Freudenberger et prenaient leur inspira-
tion à Paris auprès de Boucher, Janinet et Witte. 11
s’est développé au contact des maîtres français et des
grands Italiens. Lory fils a dû voir des toiles de
Claude Lorrain et d’Hubert Robert à Paris, où il
s’est rendu plus d’une fois. 11 a visité les lieux clas-
siques d’Italie et traduit les magnifiques couchants
de Rome. A la fin de sa vie, il a peint les colora-
tions ardentes de la Côte d’azur. 11 a travaillé poul-
ies Tuileries, et des commandes lui furent adressées
d’Angleterre. C’est Firmin-Didot qui a édité deux de
ses plus belles publications : la Roule du Simplon
(1811) et Voyage dans l’Oberlandbernois (1822). C’est

(1) Galerie Druet, 8 au 19 décembre. —f2) Galerie
Edouard Vil, jusqu’à fin décembre. — (3) Galerie
llébraid, 8 au 20 décembre.
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