Cahier, Charles; Martin, Arthur
Mélanges d'archéologie, d'histoire et de littérature (Band 1,1): Collection de mémoires sur l'orfévrerie ... : 1 — Paris, 1849

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MÉLANGES D ARCHÉOLOGIE.

on sera frappé de leur style cunéiforme; les A surtout se composent de trois pointes
assemblées de manière à figurer un T renversé; les L et les Y sont aussi d'une com-
position fort extraordinaire, et rentreraient parfaitement dans un alphabet où se trou-
verait l'initiale que nous proposons ; les trois barres des monnaies de Blois et de
Vendôme sont des variétés locales pour différencier les monnayages; elles ont des
rapports avec les M de l'écriture cursive, et sur quelques pièces de Vendôme elles
sont accompagnées d'un S comme la lettre gothique de Châteaudun.
Enfin sur les pièces de Châteaudun il n'y a plus d'objections possibles; les trois
pointes de Chartres redressées sont réunies par deux cercles, et deviennent un M mo-
nétaire qu'on retrouve sur plusieurs monnaies baronales, sur les pièces d'Issoudun et
de Meaux par exemple.
La croix de pièces de Châteaudun est quelquefois contonnée de deux sigles, dont
tout le monde connaît la signification. S. S. accompagnant la croix veut dire V%-
; au revers de la croix est le signe chartrain accompagné d'un M ; pour compléter
la valeur de cette lettre, le graveur a mis un S ; comment ne pas expliquer ces deux
autres sigles M S par ces mots *%%%?%. M. Lelewel lui-même dit que S sur ces
monnaies se rapporte au type. Nous connaissons d'ailleurs déjà S D V„ Nù/mwa
LYaù; à Grenoble et oa?a%r% D^a ^apaaaaaaa? a Sancerre, S C, sapmaaM Sur
quelques monnaies de Châteaudun le graveur n'a mis que la pièce principale du type
chartrain ; il l'a surmontée d'un S et l'a entourée pour la symétrie de deux M, ce qu'on
peut traduire par gapmaaaa Afaaraap ou sapaaaam Afaaraap maapaaæ.
Cette explication paraît décisive sur l'origine du type chartrain. Reste encore une pièce
importante à examiner, c'est le cercle allongé et frangé que les numismatistes ont pris pour
une couronne: une couronne serait plus favorable que contraire à notre système, car
dans sa position elle accompagnerait mieux la relique que si elle dominait le support ;
mais nous préférons voir dans cette figure l'autre vêtement dont parlent les deux in-
ventaires de la châsse et le texte de Jehan Le Marcheant: souvenons-nous que l'évêque
portait la sainte chemise,
« Avecques une autre bannière
« Qui du voiie de ia Vierge y ere. H
Le procès-verbal de 1712 prouve que ces deux objets se ressemblaient beaucoup ; les
pointes qui ornent celui dont nous nous occupons maintenant représentent sans doute
les franges; peut-être leur nombre a-t-il quelque valeur symbolique? Cette figure secon-
daire est si bien l'ornement dont parle notre auteur qu'on la voit fixée à la potence
sur les monnaies de Vendôme, et y devenir la pièce principale comme à Blois, à Saint-
Aignan. Le mot de la chronique (6W/. c/arây?., 1. 7, 1108) me paraît convenir
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