Cahier, Charles; Martin, Arthur
Mélanges d'archéologie, d'histoire et de littérature (Band 1,1): Collection de mémoires sur l'orfévrerie ... : 1 — Paris, 1849

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MONUMENT SLAVE, Pi. XXV. 131
Il est vrai que les Grecs, souvent aussi peu exigeants entre eux qu'ils sont pointilleux avec
les Latins, ont laissé s'introduire et subsister dans leurs livres même ecclésiastiques bien des
passages suspects d'erreur. Le savant Léon Ailazzi l'a fait remarquer depuis longtemps *, avec
un peu trop de sévérité peut-être ; mais quant à la peinture décrite et expliquée par
que cite le prêtre de Moscou, si l'Eglise grecque l'avait réellement adoptée, il semble qu'elle
aurait poussé la tolérance bien loin.
Que vers le quatrième siècle, lorsque Sabellius avait confondu les personnes divines, ou
quand Arius méconnaissait la divinité du Verbe, l'art ait voulu représenter aux yeux des li-
dèles le haut enseignement des Pères sur l'éternité et la personnalité distincte de la Sagesse
divine"; cela se conçoit absolument. Mais outre que des représentations de ce genre, reposant
sur un ensemble de formes entièrement conventionnelles, pouvaient donner lieu à des inter-
prétations extrêmement fausses ou creuses; le nestorianisme vint bientôt en augmenter le
danger. L'hérésiarque nouveau qui prétendait que l'union de la nature divine à la nature hu-
maine en Jésus-Christ ne dût pas exclure la dualité de personnes, anéantissait ainsi toute
/'r'roMomû? de la Rédemption sous l'apparence de ne s'en prendre qu'à un abus dans le culte de
Marie ; et dès lors peindre le Verbe autrement qu'en la nature visible qu'il avait prise pour
nous, c'eût été séparer, par une fiction dangereuse ce que désormais l'incarnation avait hy-
postatiquement uni. La divinité du Fils de la Vierge était devenue l'expression complète et
solennelle de la foi catholique contre ses plus célèbres adversaires ; et la du véritable
chrétien ne pouvait plus être que i'Enfant-Dieu porté sur les genoux ou dans les bras de la
femme privilégiée qu'il avait prise pour mère.
Cependant l'image citée par le Dfcèànmmn? russe n'a pas seulement le tort
d'être fondée sur des abstractions à peine saisissables pour le peuple ; son moindre inconvé-
nient serait d'être à peu près inintelligible, lorsqu'il s'agit de peindre F.E??M7W73Mr/ .* c'est à
dire le mystère où le dessein de Dieu a été de se rendre palpable V Ce nom de Vo/iAùg
dont les sectes gnostiques ont tant abusé, ne serait-il pas ici l'indice d'une peinture dictée
par des adeptes de la gnose ou du manichéisme ? Les Églises orientales ont si souvent fermé
les yeux sur le prosélytisme infatigable de cette doctrine aux mille formes! Aussi bien, si ce
tableau et son commentaire étaient vraiment de quelque poids en Russie ou en Grèce, le
moyen d'expliquer cette insistance sur les éloges de la virginité, là où depuis tant de siècles
le clergé ordinaire ne regarde pas même la continence comme un devoir ! Nouveau motif de
soupçonner ici l'intervention de cet enseignement gnostique ou manichéen qui s'est montré

i Dans son traité De Üb? ù G/'iecorzim.
- Ci'. Pétau, î'/teolopûr. t. n, iibr. vi, 9. —Tho-
niassin, î'/ieoLdopiu., t. m, tr. H, 23.
3 Is., xxx, 20; vu. 17). —Barurh, m, 38, —Matth., t, 23.

— Luc., ii, 30-32. —Joann., i, i. — II. Peu*, i, 16, sqq.
— Etc.
Præf. in Xativ. Do mini « ... ut dum visibiiiter Deurn cog-
noscimns, per hune in invisibiHum amorem rapianmr. H
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