Institut Français d'Archéologie Orientale <al-Qāhira> [Editor]; Mission Archéologique Française <al-Qāhira> [Editor]
Recueil de travaux relatifs à la philologie et à l'archéologie égyptiennes et assyriennes: pour servir de bullletin à la Mission Française du Caire — 6.1885

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Voyage d'un moine égyptien dans le désert.

VOYAGE D'UN MOINE ÉGYPTIEN DANS LE DÉSERT.

par

E. Amélineau.

Le manuscrit copte dont je publie un fragment, se trouve rangé parmi les manuscrits
coptes du Vatican sons le numéro 65. Il contient entre autres choses le Voyage dont je donne
ici le texte intégral et la traduction, avec quelques commentaires sur l'époque où il a pu être
composé et les idées que l'on y trouve.

Tuki en avait fait une copie qui se trouve avec ses autres manuscrits à la riche biblio-
tèque de la Propagande. Zoëga avait connu cette copie avec beaucoup d'autres, alors que les
manuscrits de Tuki se trouvaient dans la bibliothèque du Cardinal Borgia. Il en a publié un
assez grand nombre de phrases dans son Catalogue, et, de préférence, il a pris, ainsi qu'il le
dit pour d'autres récits comme la vie de Sénuti par son disciple Bésa ce qui pouvait apporter
quelque secours pour l'étude des lieux et de la géographie de l'ancienne Egypte chrétienne.
S'il n'y avait eu que ce profit à tirer de ce Voyage, je n'aurais songé ni à le publier in-
tégralement, ni à en donner la traduction, car on possède assez de manuscrits memphitiques
déjà publiés et les nombreuses fautes qui se trouvent dans le texte du manuscrit devaient
apporter de grandes difficultés à une traduction. Mais, outre la connaissance plus exacte de
la topographie de l'Egypte chrétienne que peut donner ce Voyage qui ne mentionne d'ailleurs
qu'un nombre très restreint de villes, il y a un réel profit, je crois, à tirer de l'examen des
idées qui ont fait écrire ce Voyage, des coutumes qui s'y révèlent et du but qu'on se proposait
d'atteindre par de telles publications. Ces sortes de récits, non pas légendaires, mais poétiques
et d'imagination pure bien souvent, sont très nombreux dans les manuscrits qui nous ont
été conservés, soit dans le dialecte memphitique, soit dans le dialecte sahidique : ils n'ont
pas seulement rapport aux actions merveilleuses des moines et des solitaires de la Thébaïde
ou de Scété, ils touchent aussi souvent aux actes des martyrs et aux apocryphes du Nouveau
Testament, de sorte que nous trouvons dans ces manuscrits échappés aux ruines, aux incendies,
toute une littérature où l'on surprend le goût et l'esprit de nombreuses générations. Dès lors
ces monuments d'un passé que nous soupçonnons à peine, ne sont pas à négliger pour l'historien.
Nous connaissons certainement les œuvres des patriarches d'Alexandrie, nous savons en général
quelle fut leur vie et le rôle qu'ils jouèrent dans les grandes questions politiques ou religieuses
qui furent soulevées entre le quatrième et le septième siècle; mais nous ignorons à peu près
complètement quelle fut la vie intime de ces monastères si nombreux qui couvrirent certaines

1) Zoéga dit à propos de cette vie : «Mirac narrationes et omnem fldem excedentes, de quibus ea
decerpam quae faciunt ac aetatem Sejenutii inteltigendam patriamque, et quac geographiam morumve
historiam aut Aegyptiacae linguae eognitionem juvare videntur. » On voit que pour la vie de Sénuti son
programme est plus étendu; pour le voyage de Paphnouti il s'en tient presque exclusivement à la géo-
graphie et à certains faits. — Les passages de la vie de Sénuti publiés par Zoëoa l'ont été sur la copie
de Tuki.
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