Revue égyptologique — N.S.1.1919

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COMPTES RENDUS

BIBLIOGRAPHIQUES

PÉRIODIQUES

Recueil de Travaux relatifs à la philo-
logie et à l'archéologie égyptiennes et
assyriennes, vol. XXXVIII [1917],
227 pages, en deux fascicules. Paris,
11. Champion.

En dehors d'un article du H. 1'. V. Scheil, Nou-
velles Notes d'épigraphie et d'archéologie assyrien-
nes, p. 165-174, et d'une notice nécrologique sur
Gaston Maspero, par É. Chassinat (p. 211-225), déjà
mentionnée supra, p. 108, le dernier volume paru du
Recueil, qui a passé sous la direction de M. E. Chas-
sinat, contient les articles suivants, classés par ordre
de matière :

[. ARCHÉOLOGIE.

Jean Clédat, Nécropole de Qantarah (p. 21-31).
— En mai 19)4, M. Clédat a pratiqué des sondages

dans l'ancienne ville égyptienne de Zarou ^

pj^ Q (Trw)> à tro's kilomètres du village moderne
d'El-Qantarah, sur la rive gauche du canal actuel de
Suez. Zarou était le point de départ des armées égyp-
tiennes allant en Syrie; forteresse de premier ordre,
elle constituait un des bastions les plus importants de
ce Mur du l'rince, qui barrait l'isthme entre Péluse,
au nord, et Héliopolis, au sud; c'était la capitale du

XVI' nome de la liasse Égypte ( fj]j| ^ Hnl 'ab); un

canal dérivé du Nil traversait la ville d'ouest en est,
et allait déboucher dans le lac Ballah; un bas-relief
de Karnak, daté de Séti I", nous donne un aspect
schématique de la ville et du canal.

M. Clédat a reconnu l'enceinte carrée de la forte-
resse : la face sud avait 195 mètres de long, avec qua-
tre tours rondes et une aux angles; les murs en briques
crues avaient 4™55 d'épaisseur; le canal passait à l'in-
térieur. Aucun document écrit n'a été retrouvé dans
cette courte exploration. Dans la nécropole (de l'épo-
que romaine), une centaine de tombes ont été ouvertes;
le mobilier funéraire est rare et pauvre. En somme,
ces fouilles, exécutées en quinze jours, ont surtout
permis à M. Clédat d'élaborer un plan de travaux que
nous lui souhaitons de pouvoir reprendre prochaine-
ment.

Un petit monument trouvé dans l'isthme de Suez
par M. J. Clédat et publié au Recueil de Travaux,
XXXVII (p. 38-39), a inspiré deux articles explicatifs.
L'un est de M. H. Sottas, qui reconnaît dans l'objet
une petite horloge astronomique gréco-égyptienne
[ibid., p. 1-7) ; l'autre, de M. Ch. Kuentz, qui y voit
un gnomon portatif {ibid., p. 70-84). Les deux au-
teurs essayent de déterminer : 1° la date du monument
d'après les renseignements donnés par l'objet sur l'om-
bre portée du soleil aux différents mois; M. Sottas
propose la période 323-285 avant Jésus-Christ, soit le
règne de Ftolémée Soter; M. Kuentz envisage comme
dates limites 370 et 254 avant Jésus-Christ; 2° la lati-
tude du lieu auquel l'horloge était destinée; M. Sottas
trouve 31° environ, M. Kuentz 29° 45'.

Les deux auteurs, qui font preuve de connaissances
mathématiques approfondies, ce qui n'est pas commun
en égyptologie, arrivent donc à des résultats sensi-
blement analogues. L'instrument fonctionnait avec un
fil à plomb, qui est (iguré sur des variantes de basse
époque du signe-mot ® mrht ; ces variantes

reproduisent l'aspect du gnomon de Qantarah. M. Loret
les a signalées à M. Kuentz (p. 83) ; mais le rappro-
chement et l'explication du fonctionnement avaient été
déjà donnés par Romieu, Calcul de l'heure chez les
anciens Égyptiens, ap. Recueil de Travaux, XXIV
(1902), p. 142. On a cité dans YAncient Egypt, 1915,
p. 184, 1916, p. 83, deux instruments analogues, anté-
rieurement connus.

IL HISTOIRE.

G. Daressy, Le classement des rois de la famille
des Bubaslites (p. 9-20). — Le nouveau classement des
rois de la période bubastite proposé par M. Daressy dans
le Recueil de 1913, t. XXXV, p. 129-150, a été l'objet, de
la part de M. H. Gauthier, d'un certain nombre d'objec-
tions (Bulletin I. F. A. 0., XI, p. 197-216, et Livre des
Rois, III, p. 302 à 395). « La diversion porte sur trois
points : 1° l'existence d'un Chéchanq II, successeur
d'Osarkon II; 2" la place à attribuer à un autre Ché-

chanq, dont le prénom est O I) H ; 3° la dis-
tinction absolue à faire entre Osarkon U et d'autres
Osarkon qui ont ajouté à leur nom. » M. Daressy

étudie en détail ces points litigieux et dresse (p. 19)
un tableau qui met en valeur le principe essentiel de
la classification des souverains à partir d'Osarkon II :
c'est « la division de l'Egypte en deux royaumes dis-
tincts, gouvernés par des rois distincts, bien qu'issus
d'une même famille », celle de Chéchanq 1", soit les
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