Gazette archéologique: revue des Musées Nationaux — 12.1887

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UNE STATUE DE CHIEN

À U MUSÉE ÉGYPTIEN DU LOUVRE

(Pla.nche 31.)

Quand on remonte un peu haut dans l’histoire des institutions sociales de l’antique
Égypte, quand on en arrive à cette période que Lepsius appelait l’ancien empire et qui,
pour lui, s'étendait jusqu après la 12e dynastie, on se trouve en présence de mœurs
essentiellement patriarcales.

La vie de famille déborde et se trahit à nos regards jusque dans ses détails les plus
infimes.

Sans doute, l’Égyptien est déjà très religieux. Mariette l’a bien démontré en étudiant
les monuments de cette époque. Mais la religion a pour sanctuaire le foyer domestique,
et l’on ne considère encore comme profane rien de ce qui fait les préoccupations jour-
nalières de ce grand enfant qu’on appelle l’homme.

M. Ravaisson a dit souvent qu’aux temps primitifs on se sentait plus près du divin par
une royale simplicité et une candeur en quelque sorte surnaturelle. Certains détails des
plus vieux tombeaux égyptiens semblent confirmer cette idée. Devant la mort, la repré-
sentation même des scènes les plus intimes du mariage, aperçues de ce point de vue,
ne semblaient être obscènes, pas plus qu’on ne croyait triviale la peinture des travaux
et des passe-temps quotidiens.

C’est ainsi que les monument archaïques nous ont fourni d’innombrables données sur
la vie agricole, — avec les divers animaux alors domestiqués, la pêche, la chasse, le
labourage, la récolte, l’élève des bestiaux, les métiers les plus variés, l’état des esclaves
mâles et femelles, l’organisation des grandes maisons féodales, etc. — Aussi ne faut-il
pas nous étonner si nous avons sur le chien des documents tout particuliers.

Le chien fait alors partie de la famille. Tandis que les serviteurs les plus importants
et parfois les fils se prosternent la face contre terre devant le maître, lui, il se tient gra-
vement assis à côté de son siège et reçoit pour sa part avec lui les hommages de la
foule.

Sa place est celle qu’occupe le fils, avec lequel il s’échange, pour ainsi dire, dans les
bas-reliefs et qu’il accompagne dans d’autres cas. Si la femme, au lieu d’être assise ou
debout auprès de son époux, est couchée à ses pieds, le chien jouit de la même faveur,
et c’est lui qui a dans le maintien le plus de dignité. Son seul rival dans certaines mai-
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