Mariette, Auguste; Maspero, Gaston [Editor]
Le Sérapeum de Memphis (Band 1) — 1882

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COMPTE-EEKDU DES FOUILLES.

doivent nous fournir la solution d'un problème non moins intéressant. Ces construc-
tions mixtes qui existaient dans le Sérapéum, et dont les papyrus grecs font de fré-
quentes mentions, les fouilles ont à nous en faire retrouver les débris. A côté des
monuments du style national des Pharaons, il nous faut rencontrer des monuments
de style grec, ou, tout au moins, de style gréco- égyptien. Il y aura là à chercher
l'Anubidium, la chapelle d'Astarté, la chapelle d'Esculape, en môme temps que la
tombe d'Apis. C'est même sur ce dernier monument que doivent se baser, en défi-
nitive, nos plus sérieuses espérances. Au pis aller, le temple peut avoir été démoli
et ses restes anéantis et dispersés. Mais Plutarque, Pausanias, Macrobe se joignent
aux papyrus grecs, pour nous apprendre que le Sérapéum contenait la tombe d'Apis,
et à Saqqarah, la tombe d'Apis ne peut être autre chose qu'un souterrain. Or, on
ne détruit pas un souterrain, on ne le fait pas disparaître comme les pierres d'un
temple. Quelque part, sous les collines de sable qui nous environnent, la tombe
d'Apis existe encore et c'est elle qu'il faut chercher, car elle en vaut la peine, plus
peut-être que le temple lui-même qui lui sert d'enveloppe. N'est-ce pas un dieu qui
y repose? Si grand était le soin apporté aux funérailles de ce dieu, qu'au premier
rang des fonctionnaires du temple figure «l'ensevelisseur en chef». Qui ne se rap-
pelle d'ailleurs qu'à l'époque de Diodore on ne dépensait pas moins de cent talents,
c'est-à-dire cinq cent cinquante mille francs, pour les obsèques d'un Apis? A tous
les points de vue, les ruines du Sérapéum étaient donc pleines de promesses et bien
faites pour tenter l'explorateur. Il ne me semblait pas possible de laisser à d'autres
le mérite et le profit de fouiller ce temple, dont un hasard heureux venait de me faire
découvrir les restes et dont l'emplacement allait désormais être connu. Sans aucun
doute, bien des débris précieux, bien des statues, biens des textes ignorés se cachaient
sous ces sables que je foule. N'était-ce pas déjà le droit du Louvre de les posséder?
Tous mes scrupules tombèrent devant ces considérations. J'oubliai en ce moment
ma mission, j'oubliai le patriarche, les couvents, les manuscrits coptes et syriaques,
Linant-Bey lui-même, et c'est ainsi que, le 1er novembre 1850, par un des plus
beaux levers du soleil que j'aie jamais vus en Egypte, une trentaine d'ouvriers se
trouvaient réunis sous mes ordres, près de ce sphinx qui allait opérer dans les con-
ditions de mon séjour en Egypte un si complet bouleversement.

II. Allée de sphinx. Du 1er novembre 1850 au 1er janvier 1851. — a) Le pro-
gramme du travail à faire s'imposait de lui-même. Il fallait avant tout reconnaître
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