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130

APPENDICE.

Vu
■1



Mm

Il n'est personne qui ne sache que les procédés d'embaumement en usage chez
les Egyptiens avaient acquis un degré remarquable de perfection, et que souvent,
par ces procédés, on a réussi à conserver aux cadavres l'apparence de la vie, au
point que les cheveux et le poil des morts se sont retrouvés avec leur couleur antique,
et que, quelquefois même, les chairs de certaines parties grasses ont prouvé qu'après
un grand nombre de siècles elles n'avaient pas encore complètement perdu leur
élasticité.

Appliqués aux Apis, ces mêmes procédés auraient dû, par conséquent, avoir pour
résultat de faire de la momie d'un Apis un véritable taureau, cmmaillotté dans des
bandelettes. Peut-être, pour plus de solidité, l'animal pouvait-il être agenouillé à la
manière des sphinx; mais sous les bandelettes devait se trouver la peau, encore cou-
verte de ses poils; sous la peau les chairs plus ou moins desséchées; sous les chairs
les ossements toujours intacts, et dans l'intérieur du cadavre, les aromates et le bitume
odorant mêlé d'amulettes et de figurines qu'on a l'habitude d'y rencontrer.

Voilà la théorie ou plutôt l'embaumement d'Apis tel qu'on peut, par avance, se
le figurer. Mais est-ce un Apis de cette sorte que nous livra le cercueil vierge de
notre nouvelle chambre d'Horus? Aucunement.

Quand, en effet, je levai le couvercle, je crus que la tombe était vide. Mais en
prêtant un peu plus d'attention, je distinguai bientôt, au fond du cercueil, une tête
de taureau, et sous cette tête une masse noirâtre qui lui servait comme de support.

J'examinai d'abord la tête. Elle n'adhérait à rien et avait été posée sur la masse.
La peau avait complètement disparu, et tous mes efforts pour retrouver les traces
des bandelettes furent inutiles.

J'examinai ensuite le support. Il était de forme ovale, assez régulier, et mesurait
un mètre environ de longueur, trente centimètres de largeur, et autant à peu près
d'épaisseur. Quant à sa nature, je reconnus qu'il était formé d'un amas confus de
bitume et de gros ossements de bœuf brisés, le tout amoncelé sans ordre sous une
enveloppe de mousseline.

Tel était l'Apis inviolé d'Horus. Pas une amulette, pas une statuette ne fut trouvée.
La sépulture, comme je l'ai dit, était aussi pauvre que possible, et en même temps
s'éloignait, de plus loin même que je ne l'aurais soupçonné, du mode d'ensevelisse-

r

ment si généralement adopté dans toute l'Egypte.

Je n'en dirai pas plus ici. Le problème est maintenant, je l'espère, bien claire-
ment posé. J'aurai occasion d'y revenir.



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