Institut Français d'Archéologie Orientale <al-Qāhira> [Editor]; Mission Archéologique Française <al-Qāhira> [Editor]
Recueil de travaux relatifs à la philologie et à l'archéologie égyptiennes et assyriennes: pour servir de bullletin à la Mission Française du Caire — 27.1905

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NOTES DE PHILOLOGIE COPTE

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NOTES DE PHILOLOGIE COPTE

par

Alexis Mallon, S. J.

Professeur à la Faculté Orientale de l'Université Saint-Joseph de Beyrouth
DOUBLE SENS de l'iNFINITIF

Le verbe copte a deux formes fondamentales, l'infinitif et ce qu'on appelle le
qualitatif. Je ne m'arrêterai pas à ce dernier, comme sens et comme forme il est fort
bien expliqué dans les grammaires. C'est du premier que je veux parler, et cela seule-
ment dans le verbe transitif. Voici ce qu'en dit Steindorfï, Koptische Grammatik,
p. 92, § 188 : « Als Nominalform bezeichnet der Infinitif kein bestimintes Genus des
Verbums, weder Aktivum nocb Passivum; otwk bedeutet z. B. « ôfînen » unrî «geoiïnet
werden »; •xwk « vollenden » und « vollendet 'werden » ; corre « loskaufen » und a losge-
kauft werden » ; ko^o. « beflecken » und « befleckt werden » ; amujc (( schlagen » und
« geschlagt werden ». In dieser Weise wird der Infinitif bei den meisten transitiven
Verben in aktivischer und passivischer Bedeutung gebraucht. » Plus loin, au chapitre
« Passiv », le même auteur confirme sa pensée : « Eine besondere Passivbildung
(Â, § 178) existiert im Kopt. nicht. Zum Ausdruck des Passivs dienen der Infinitiv
vieler transitiver Verba und das Qualitativ der transitiven Verben » (p. 169, § 372).
Ainsi l'infinitif d'un grand nombre de verbes transitifs aurait deux sens : l'actif et le
passif.

A mon avis, L'infinitif a bien deux sens, mais le second n'est pas exactement le
passif, si l'on entend par passif la voix qui exprime uniquement qu'un sujet reçoit,
subit une action faite par un autre. C'est le sens réfléchi, le niph'al hébreu. Il se rend
très bien en français par les verbes pronominaux, tels que s'ouvrir, se délier, tandis que
le latin le traduit généralement par le passif. Il est pourtant bien différent du passif
proprement dit; il ne comporte pas l'idée d'une action reçue d'un autre, d'une passion,
il suppose que le sujet qui accomplit l'action l'exerce sur lui-même, parfois il exprime
simplement une action immanente.

Pour prouver que tel est bien le second sens de l'infinitif des verbes transitifs en
copte, il suffit de montrer : 1° que les exemples qu'on pourrait alléguer en faveur du
passif reviennent au sens réfléchi; 2° que le vrai passif se traduit autrement, je veux dire
par la troisième personne du pluriel actif.

1D Les exemples que cite Steindorfï, § 372, d'ailleurs sans référence, sont les sui-
vants : nennncTAi*. n*.feoA efeo'.v « unser Geist wird aufgelôst werden » ; «.-fipo sh^ot cmoit
«aile Thuren wurdeu geôlïnet»; «.Ttg-rop-Tp ^tkim. « sie wurden beunruhigt (und)
bewegt ». Nous traduisons en français : « notre esprit se dissoudra — toutes les portes
s'ouvrirent — ils se troublèrent, ils s'agitèrent». Cette traduction est justifiée par tous
les textes qui contiennent ces verbes avec une construction similaire : Gen., xlix, 24 :
eto'.v ïaat iieuxio-V îmiiytofcuj înx hoWua.-s^ (( les liens de leurs bras se défirent »,
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