Revue égyptologique — 5.1887/​88

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Le livre des funérailles.

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En réunissant les indications éparses çà et là, et en tenant compte de certaines repré-
sentations funèbres, nous suivrons le transport de la momie dans ses diverses phrases depuis
le moment où elle est levée jdu lit funèbre pour être placée dans la barque jusqu'à son
arrivée à la tombe. La première scène est représentée dans une peinture de la chapelle

sépulcrale d'Amenemap, prêtre d'Ammon (nécropole de Thèbes). Son fils ^.......^ ^==> l] ] ^

Tmen6efaanyv transporte sur ses bras la momie de son père dans le milieu de la salle, la
met sur pieds, puis une dame, épouse ou fille, cheveux épars, agenouillée à terre, lui caresse
les jambes en se frappant le front et la poitrine. Une troisième personne, un homme, approche
du visage de la momie un vase d'où sort une flamme parfumée d'encens et tous trois ac-
clament le défunt par son titre, en rappelant qu'il a vécu 89 ans, ce qui nous prouve qu'à
cette époque, antérieure à Moïse, la longévité humaine ne dépassait pas les limites que nous
lui connaissons.

Quatre génisses sont représentées tirant un traîneau sur lequel est une barque dont la
proue et la poupe se terminent en fleur de lotus; au milieu de la barque est une élégante
cabine ornée d'étoffes bariolées, de feuillage et de fleurs. Dans cette cabine, image de celle
de la barque dans laquelle Ra fait son voyage quotidien sur le Nil céleste, dans cette cabine
était placé le défunt pour accomplir la partie du voyage terrestre qui constitue le transport
funèbre.

A ce transport prenaient part les parents, les serviteurs ou servantes portant les offrandes,
les vases canopes, les figurines et autres objets du mobilier funéraire qui devaient être en-
fermés dans l'hypogée avec la momie. A ces gens se joignaient d'autres personnes étrangères
à la famille, appartenant à des sortes de collèges sacerdotaux, qui, moyennant salaire, inter-
venaient aux funérailles pour leur donner plus de pompe.

Mentionnons d'abord une classe de femmes, comparables aux prœficœ de Rome, qui
précédaient ou suivaient le corps en poussant des cris, en se jetant de la boue sur la tête,
en se frappant la poitrine en signe de douleur. Ces femmes étaient appelées J^^l^lli'
nom donné dans les écrits religieux à Isis et à Nephthys en souvenir de leurs lamentations
aux funérailles d'Osiris. Une autre classe était les ® ^ A Q ou ® ^^V^ ^es ^P"W°01
d Athènes qui précédaient la barque funèbre en chantant des hymnes de circonstance, puis
les ^ ^ i individus des deux sexes qui accompagnaient le chant en frappant l'une
contre l'autre les paumes de leurs mains. Les Xennu et les Hesu, souvent mentionnés sous
ancien et le moyen Empire, disparaissent après la XVIIIe dynastie et font place aux
l(j[jvj|n qui suivent la momie pendant le trajet, exprimant leur douleur par des gestes
etchantant les vertus du défunt.

Un J^jt^^1^ ^ ou prêtre officiant et un ^\ ^ accompagnaient de près la momie
et tous les autres, divisés en bandes, ou la précédaient ou la suivaient dans un ordre qui
paraît n'avoir pas toujours été le même. Nous suivrons celui qui est donné par une scène
de la chapelle sépulcrale du scribe 0 tj W dans la nécropole thébaine.

Le cortège s'ouvre avec une bande de six hommes et de huit pleureurs qui par gestes
et paroles témoignent de leur douleur. Ils disent entre autres : «Pleurez l'homme de bien
qui fut merveilleusement bon et eut le mensonge en horreur.»

Suivent quatre boeufs traînant au moyen d'une corde attachée à leurs cornes le traîneau
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