Revue égyptologique — 5.1887/​88

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Leçon d'ouverture.

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Le n° 1824 du Louvre contient ■ un serment comme les précédents, mais il a ceci de
particulier que ce serment vient à la suite d'une reconnaissance de dette rédigée comme les
actes ordinaires par lesquels on s'oblige en Babylonie à payer telle ou telle somme. Il faut
dire que cette tablette remonte au règne de Nériglissar, tandis que les autres serments, dont
nous avons parlé jusqu'ici, sont tous du règne de Darius. Une autre différence consiste en
ce que, cette fois, il s'agit d'une créance fiscale. L'agent du fisc, le Eab Kari du roi, un
nommé Gimillu qui figure souvent sur nos tablettes babyloniennes, donne au contribuable en
retard, dans celle-ci, comme dans beaucoup d'autres, un très court délai pour s'acquitter, deux
jours seulement, paraît-il; car l'acte est daté du 28 Sivan de la première année de Nériglissar
et le paiement doit se faire le 30 de ce même mois. Le serment n'intervient qu'après la
fixation de cette date, et comme un complément, au point de vue religieux, d'une obligation,
d'abord prise au point de vue purement civil. Sous Darius, au contraire, le serment se dégage
et il prend à peu près la forme que nous trouvons en Egypte dans les serments de cul-
ture, etc.

LES PAPIEES ADMINISTRATIFS DU SÉKAPÉUM

! . et

L'ORGANISATION SACERDOTALE EN EGYPTE.

(leçon d'ouverture professée le g décembre 188c.)

Messieurs,

L'année dernière, à pareille époque, nous étudions ensemble l'élément religieux dans les
procès civils égyptiens, et particulièrement les serments prêtés par les parties, dans tous les
genres de contestations, aux portes des dieux. Ces portes des dieux, je vous disais alors que
nous les franchirions bientôt pour pénétrer dans les arcanes des temples, au milieu de ces
tribus de prêtres et de ces diverses classes sacrées dont l'organisation se liait si intimément
à celle du droit et de l'administration en Égypte, et pour, en déchiffrant avec vous les
papiers du Sérapéum, y voir en action dans des procès la juridiction sacerdotale.

Aujourd'hui, je dois accomplir ma promesse, au moins en partie; je dis en partie, car
si l'on voulait embrasser cette question dans son ensemble, même par le plus court résumé,
l'espace d'une heure ne saurait suffire.

Qui dit hiératisme maintenant croit dire immobilité et congélation.

Rien de plus inexact pour l'ancienne Egypte.

En Égypte la vie, l'intelligence, l'esprit libéral se retrouvaient surtout dans les temples.
Le vieux prêtre qui disait à Hérodote : «Vous autres Grecs vous n'êtes que des enfants»
avait parfaitement raison et les Grecs ont été les premiers à reconnaître que tout ce qu'ils
avaient de meilleur au point de vue intellectuel leur venait des antiques sanctuaires de la
vallée du Nil. C'est là que les philosophes les plus illustres étaient allés, d'après eux, se former
la sagesse. C'est là qu'on cultivait avec le plus de succès toutes les sciences, selon le
témoignage de Diodore de Sicile. C'est là qu'on trouve codifiée, dans cet admirable chapitre 125
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