Revue égyptologique — 5.1887/​88

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Paul Piebbet.

Les Blemmyes furent dès lors expulsés par Silco et par le célèbre Narsés du comrnili-
tium de Nubie, que se partagèrent le roi nobade et l'empereur, représenté dès lors par un
exarque à Talmis. '

Narsés chassa aussi les prêtres d'Isis de leur temple et les emmena, suivant Procope,
en exil à Constantinople.

Un évêque, nommé Théodore, dont nous possédons en grec les inscriptions, fit badi-
geonner le temple et le transforma en église. Des missions officielles propagèrent le chris-
tianisme dans toute la Nubie. Nous en avons la preuve dans l'inscription copte de Dendour,
érigée à l'occasion de la construction d'une église par l'autorité tant du roi des Nobades,
Eirpanome, successeur de Silco, que de Joseph, l'exarque impérial de Talmis.

Ainsi fut enlevé aux païens d'Egypte leur dernier sanctuaire officiel et ces asiles sacrés
de Nubie où, du temps des Blemmyes, allaient se retremper les pieux idolâtres et les néo-
platoniciens. On sait, en effet, que la foi de ces barbares faisait encore l'admiration de
Marinus, quand il écrivait, en 486, sa vie de Proclus, et aussi celle d'Olympiodore, qui les a
visités au commencement du VIe siècle, enlevé, comme il le dit lui-même, par les prêtres de
ces barbares qui voulaient jouir des charmes de sa savante conversation.

Désormais les antiques croyances durent se cacher et, bien que leurs rites fussent encore
longtemps pratiqués secrètement, et que la connaissance du démotique, lu couramment par
l'évêque Pésunthius, lors de l'invasion musulmane, fût conservée, il n'y eut plus pour les
païens ni culte public, ni pieuse panégyrie.

LE LIVRE DES FUNÉEAILLES.3

J'ai analysé, il y a deux ans, un intéressant mémoire de M. Schiaparelli sur la signi-
fication symbolique des pyramides; c'est un travail beaucoup plus développé du même auteur
qui va nous occuper aujourd'hui. Il est intitulé : Il libro dei funerali3 «Le livre des Funé-
railles». La première partie de cet ouvrage a seule paru : elle a été composée sur la con-
frontation d'un sarcophage de Turin, d'un papyrus du Louvre et d'un texte monumental de
Bab-el-Molouk. La deuxième partie est encore inédite, mais des circonstances particulières
m'ont permis de la parcourir sur manuscrit. M. Schiaparblli y a mis à profit tous les monu-
ments ayant trait à son sujet qu'une récente mission en Égypte lui a permis d'examiner.

L'auteur part de l'instant où la momie sortant des mains des embaumeurs est rapportée
à la maison des parents, couverte d'amulettes, gisant sur le lit funèbre et attendant d'être
conduite à la «demeure éternelle» (la tombe).

1 Cette rivalité existait déjà du temps de Dioclétien et c'est pourquoi cet empereur céda aux Nobades
le commilitium, que n'en occupèrent pas moins les Blemmyes.

2 Cette analyse de l'important ouvrage de M. Schiapakelli a fait l'objet de la leçon d'ouverture de
mon cours d'archéologie égyptienne à l'Ecole du Louvre, le 7 décembre 1886.

3 II libro dei funerali degli anticki Eyiziani, tradotto e commentato da Eknesto Sciiiaparelli, volumo
primo. Koma, Torino, Firenze, Ermanno Loescher, 1882.
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