Revue égyptologique — 5.1887/​88

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Revue bibliographique.

effet une Cléopatre Tryphène, nommée avec lui par plusieurs documents hiéroglyphiques. Seule-
ment cette Cléopatre Tryphène régna conjointement avec lui d'après les contrats démotiques
de l'an 3 et de l'an 8 du comput de ce roi, et elle disparut des protocoles dans les contrats
démotiques de l'an 17 du même règne. Elle était sans doute morte à cette époque qui a
précédé de beaucoup la révolution dont nous parlions tout à l'heure, et par conséquent n'a
pu succéder à son mari. Il faut donc prendre au propre le témoignage de Porphyre toujours
si exact dans les renseignements qu'il nous fournit et considérer Cléopatre Tryphène II comme
une fille de la première Cléopatre Tryphène. Ajoutons que la durée du règne de Ptolémée
Denys nous est aussi indiquée par plusieurs stèles hiéroglyphiques et démotiques.

(Sera continué.)

BEVUE BIBLIOGEAPHIQTJE.

Parmi les livres récemment parus, que nous avons reçus, nous signalerons :

1° un volume fort intéressant, intitulé Archéologie Egyptienne, par M. Maspeeo. Nous différons d'avis
sur quelques points, M. Maspeko et moi. Mais ce n'est pas le cas d'insister sur des détails quand il s'agit
d'une œuvre importante et, somme toute, aussi méritoire.

2° une autre publication fort bien comprise et qui a été exécutée avec le plus grand soin et avec
le plus grand luxe, les Hieratische und hieratisch - demotische Texte der Sammlung agyptischer Alterthumer des
AllerkocJisten Kaîserhauses, publiés par notre cher ami et si distingué collègue, M. de Berqjiann. Les textes
sont donnés dans admirables photo-lithogravures et l'impression du savant commentaire, faite par notre si
habile typographe Holziiausen, ne laisse aussi rien à désirer.

Nous avons remarqué particulièrement parmi les documents contenus dans ce fascicule un rituel de
l'embaumement, écrit en démotique et différant complètement du rituel hiératique publié par M. Maspero.
La partie des cérémonies à accomplir, des opérations d'embaumement, est beaucoup plus développée que
dans cet euchologue hiératique. Nous avons vraiment affaire à un manuel des taricheutes. Eeste à trouver
le manuel des paraschistes, analysé (en même temps que celui des taricheutes) dans le papyrus bilingue Khind.

Nous nous proposons d'étudier bientôt en détail ce précieux papyrus de Vienne que M. de Bero-
mann vient de mettre ainsi à notre complète disposition. Nous nous bornerons à dire aujourd'hui que ce
document nous a conservé des renseignements qu'on ne trouverait nulle part ailleurs, non seulement sur
les pratiques de l'embaumement, mais sur les étoffes et matières employées, les personnes qui y jouaient
un rôle, etc. Parmi ces personnes nous voyons figurer le ur on, chef de l'œuvre ou grand-prêtre de Mem-
phis (ce qui indique la provenance du document) concurremment avec le sa%-mat'i ou Ptérophore et avec
le hir-sesta, les -/er-lieh ou taricheutes,1 les mesu-hor (qui figuraient déjà dans le rituel Maspero), etc., etc.
La mise en scène est donc toute aussi solennelle que dans le rituel de funérailles ou offices funèbres qu'a
publié notre ancien élève Schiaparelli et que nous avons depuis longtemps recommandé dans la Revue.
Ces livres se complètent d'ailleurs admirablement. Encore un peu, et nous connaîtrons tout l'ensemble des
rites qu'on avait à accomplir pour les morts, depuis la première incision faite par le taricheute jusqu'au
moment où le défunt, dûment pacifié, reposait à jamais dans sa «demeure éternelle» — que se transmet-
taient à perpétuité de pieux choachytes.

3° une étude sur un parchemin rapporté de Thèbes, par M. Ph. Virey, notre ancien élève, qui en a
fait cadeau au Musée du Louvre. Il s'agit d'un registre administratif du temps des Ramessides. M. Virey
nous a annoncé aussi l'envoi de plusieurs papyrus démotiques sur lesquels nous aurons l'occasion do revenir.

4° les premiers numéros du Babylonian and Oriental Record, auquel nous collaborons, mon frère et
moi, et dont nous souhaitons le succès.

La place nous manque pour rendre compte aujourd'hui des autres publications reçues. Ce sera pour
la prochaine revue bibliographique.

1 Xous avons déjà eu l'occasion de prouver dans notre article intitulé Taricheutes et Choachytes, paru dans la Zeitschrift do M.
LepsiUS, que le mot '/jarhtb était toujours traduit en grec par taricheute, même dans les contrats, et qu'il avait pris, par conséquent,
sous les Lagides — du temps de notre papyrus — un sens beaucoup moins vague que celui d'officiant qu'il possédait à l'ancienne époque.

L'Éditeur Ernest Leroux, Propriétaire-Gérant.
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