Revue égyptologique — 5.1887/​88

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A. Cattaui.

RAPPORT

SUR

UNE MISSION DANS LA HAUTE-EGYPTE.

(AOÛT—DÉCEMBRE 1886.)

Cher Maître,

Monsieur le Ministre de l'Instruction publique a bien voulu me charger d'une mission
en Egypte pour rechercher des documents démotiques inédits.

Guidé par les renseignements et les bons conseils que vous avez eu l'obligeance de me
donner, et autorisé à acquérir tout papyrus qui me tomberait sous la main, fût-il en écriture
hiéroglyphique ou hiératique, je suis parti vers la fin du mois de septembre.

Des circonstances indépendantes de ma volonté m'ont retenu au Caire plus longtemps
que je ne l'aurais voulu et je n'ai pu entreprendre mon voyage de la Haute-Égypte qu'à la
fin du mois d'octobre. Je profitai de ce séjour pour estamper et prendre des photographies
des documents démotiques du Musée de Boulaq et pour visiter quelques collections particulières.

Parmi celles-ci, je n'ai pu voir aucune pièce portant une inscription démotique; mais des
pièces rares et artistiques n'y manquent pas. Je vous signalerai particulièrement la collection
du docteur Fouguet au Caire, celle de Monsieur Danynos-Bey et celle du Baron de Menascé
qui est une des plus riches, à Alexandrie.

Les chaleurs dans la Haute-Egypte étaient très fortes encore et je craignais un climat
auquel je n'étais pas habitué depuis treize ans.

Muni de lettres de recommandation du Ministère des affaires étrangères d'Egypte, de
lettres circulaires pour messieurs les agents du consulat de France dans la Haute-Egypte et
d'une lettre particulière de S. E. Ahmed-Pacha Nachad, je suis parti le 26 octobre du Caire
et j'étais à Louqsor le 30 au soir. D'après les indications que j'avais, c'était là le véritable
champ d'exploration pour les papyrus.

Les choses cependant ne se passèrent pas aussi facilement que je le croyais de prime abord.

Les détenteurs de papyrus et en général les marchands d'antiquités ont une grande
défiance des étrangers, ils veulent les connaître et les étudier avant de leur montrer autre
chose que des scarabées falsifiés et des figurines funéraires non moins falsifiées. Le commerce
qu'ils exercent est défendu, ils sont recherchés activement et poursuivis avec sévérité, sur-
tout depuis quelque temps. De là, des mystères et des difficultés de toute sorte avant de vous
montrer un papyrus ou une pièce rare.

J'ai pu me mettre tout de suite en rapport avec quelques-uns de ces Arabes que l'on
m'avait désignés comme ayant pris la spécialité de la vente des papyrus.

C'est pendant la nuit que l'un d'entre eux me fit pénétrer chez lui après avoir pris
toutes sortes de précautions. Il me fit voir un véritable petit musée.

Je fis quelques acquisitions. Permettez-moi, cher maître, de vous faire rénumération des
papyrus hiéroglyphiques et hiératiques que j'ai achetés à Louqsor et sur lesquels je me propose
de m'étendre quelque peu dans un second rapport.

I. Et d'abord, un gros papyrus d'une belle écriture hiéroglyphique cursive. Les repré-
sentations qui se trouvent au haut des lignes, sont d'une très grande finesse. Le papyrus est
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