Revue égyptologique — 5.1887/​88

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Corrections a la grammaire démotique de Brugsch.

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CORRECTIONS A LA GRAMMAIRE DÉMOTIQUE DE BRÏÏGSCÏÏ.

La grammaire démotique de Brugsch est un ouvrage dont il faut se défier. Elle répand
bien des idées fausses et fait perdre beaucoup de temps aux étudiants. Cela, j'ai dû le dire
et le répéter sans cesse à mes élèves depuis sept ans que j'enseigne le démotique à l'École
du Louvre. Mais comme tous les égyptologues ne peuvent assister à mes cours, je me vois
dans la nécessité de. leur signaler au moins quelques-unes des fautes qu'on rencontre à chaque
pas dans cet ouvrage. Je dis quelques-unes, car il faudrait un bien gros volume pour les
signaler toutes.

Eien d'étonnant à cela d'ailleurs. Quand Brugsch a écrit sa grammaire, il aurait été
absolument incapable de traduire une page de démotique. Il ne connaissait pas la langue.
Mais, avec une patience — qu'il n'a plus maintenant — il avait relevé dans le papyrus à
transcriptions grecques de Leide un certain nombre de mots et même quelques petits bouts
de phrase. Tout son ouvrage est basé sur ces mots et ces quelques bouts de phrase1 — ordi-
nairement coupés à tout hasard et non compris.'2 Cela ne l'empêchait pas d'ailleurs de mettre
en planches des textes de Darius ou de Psammétique dont, d'après son aveu, il ne saisis-
sait pas un mot, même beaucoup plus tard, (si on laisse de côté les noms de rois).

En effet, actuellement encore personne n'ignore plus complètement que Brugsch la paléo-
graphie démotique. Il n'avait guère étudié un peu d'abord que celle du papyrus gnostique
de Leide — le plus récent de tous les papyrus démotiques — et il n'a appliqué ensuite cette
étude qu'à deux autres documents modernes : le papyrus Khind édité par Birch et le Roman
de Setna (qui fut son chef d'œuvre).

Ajoutons qu'au moment où Brugsch entreprenait sa grammaire il venait d'être tout
récemment converti par mon illustre maître M. de Rouge. Jusque là il avait été le disciple3

1 Les très petits extraits que Bkugscii a tirés du rituel de Pamont, de Rosette, de Philée et de quelques
contrats de Berlin sont tout-à-fait insignifiants et portent généralement sur des points très secondaires : les
chiffres, l'article, etc. Ajoutons qu'ils sont — comme ceux de Leide — mal coupés et mal compris — nous
le verrons dans le paragraphe des traductions.

2 Ainsi que je le faisais remarquer à Brugsch lui-même, il est vraiment curieux de voir comment,
en traduisant de vingt manières le même exemple, il le comprenait cependant généralement sur le point
spécial, le paradigme grammatical, à propos duquel il le citait en cet instant. Mais il ne faudrait pas croire
qu'il eut l'idée de combiner 'ces diverses traductions pour en faire une bonne. Brugsch n'est point un tra-
ducteur; c'est un rêveur qui do temps en temps tombe juste, mais ne sait jamais se corriger. C'est ce que
disait Mariette en ajoutant : Je montre le même texte à Brugsch et à de Eougé. Brugsch répond de suite
sans examiner et ne revient plus sur ce qu'il a dit, ni ne veut étudier. De Eougé met ses lunettes, ne
rôp'orjd qu'au bout de huit jours et l'œuvre est faite.

3 Pour se faire une idée de la chose, il faut, si on en a le courage, lire l'opuscule do Brugsch inti-
tulé : Scriptura Aegyptiorum demotica. Après l'alphabet exact, déjà trouvé avant lui et qu'il reproduit, il a
un article intitulé : Litlcrae a me repertae, et qui contient : A = °> <C = *>, y = otf, /0 = o, </, = o,
O/ = o, \J = 6, O = c, '3 = oti, = ots-, "tj = a, J> = q, <_ = h, = iv, o-f. = k,

X = IV, US, C, 2_ = »S / = T, ^ = T, ? = T, £ = T, J (©) = T, ^L. (*_D) = T, t = T,

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