Revue égyptologique — 5.1887/​88

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Le livre des funérailles.

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de police fortement organisé appelé les JjbvJ A \\ I] 0 W ! qui furent plus tard les çuAayaiai
de l'époque alexandrine, commandés par un chef, préfet général du quartier funéraire ^ ^jf
qui est probablement le fonctionnaire appelé par les Grecs àpyjçvhav.i-'qq. Une foule de prêtres
et de domestiques P^^^^^1 étaient adjoints à chacun des temples et dépendaient du
grand prêtre d'Amon, à Thèbes, du grand prêtre de Ptah, à Memphis, du grand prêtre d'O-
siris, à Abydos, lequel avait aussi autorité sur tout ce qui se référait au service religieux de
la nécropole. Outre toutes ces personnes payées par le gouvernement existaient une quantité
immense d'autres employés exigés par la nature même des rites funèbres. Mentionnons d'abord
la foule des embaumeurs, divisés en plusieurs classes; les .-^-■>!5>- Vvfi ' mesenti «sa-

crmcateurs», les (ni hon-ka très nombreux, attachés au service funèbre des tombes privées,

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aidés des o VOT1' ^es 5 *?5r Ji'1 bommes et femmes, des joueurs de harpes, etc.,

ainsi que des Xer-heb, des Sotem, des 11 | 0 0 ^ etc., indispensables aux funérailles.
Puis les tisseurs et tisseuses de bandelettes pour les momies, les ^ ^ ^ j « excava-
teurs de tombes», les ^^^^^^_q^lw^Qp^ «sculpteurs de la chambre sépulcrale»,

les —°Y^' «sculpteurs de statues», les peintres, les fabricants d'amulettes, de figu-'
rines funéraires, de sarcophages, de coffrets à figurines, et nombre d'autres artisans.

Tous ces individus réunis devaient former une population très nombreuse qui habitait
le quartier funéraire, dont nous pouvons maintenant apprécier les proportions.

Quoique ce que nous venons de dire se rapporte spécialement à la nécropole de Thèbes,
celle sur laquelle nous avons le plus d'indications, néanmoins cela peut s'étendre aussi aux
autres, toutes proportions gardées avec l'importance de la ville dont elles dépendaient.

Grandes ou petites, dans l'état actuel des fouilles il est certain qu'elles s'élevaient tou-
jours à une certaine distance de la ville qu'elles concernaient, quelquefois sur la même rive
du fleuve, comme celles de Memphis, de Syout, de Tell-el-Amarna et d'Elkab, quelquefois
sur la rive opposée, comme celles de Menât--/ufu et de Thèbes. A Abydos seulement temples,
maisons et tombeaux étaient confondus, mais aux temps historiques ce ne devait être qu'une
grande nécropole recueillant les momies des pays circonvoisins, unie à un grand sanctuaire.

Il s'ensuit que le transport funèbre ne pouvait pas toujours s'effectuer par traîneau que
tiraient des génisses, mais qu'il fallait faire la traversée du Nil et quelquefois parcourir un
trajet plus ou moins long. La momie étant placée dans une barque couverte d'un élégant
baldaquin, apparaissaient quelques pleureurs avec le Xer-heb et le Sotem. Ils se mettaient
en mouvement, puis le reste du cortège précédait ou suivait sur d'autres barques en se con-
formant au rite déjà énoncé. Laissons ce cortège voguer sur le Nil et allons l'attendre à la
porte du sépulcre où tout est déjà préparé pour recevoir la momie.

Paul Pierrbt.

(La suite prochainement)

1 J'ai transcrit lies ce groupe à la page 63 (cf. çtoc cancre). Mais le mot désignant en réalité des
personnages qui accompagnent le chant en frappant l'une contre l'autre les paumes de leurs mains, on peut

interpréter ^_fl par tôt, lire hes tôt et traduire «Chanteurs de main». Sur la stèle 17 du Louvre une joueuse

de harpe |^t)^^_J «Chanteuse avec la harpe» est suivie d'une femme frappant les paumes de
ses mains, et qui est appelée | (j (j ^^J7"^ hest em tôt. Ce dernier titre est une variante du nôtre.
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